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Adelphe MULLER

[ Badonviller (54) , 28/03/1833 – Raon-l’Etape (88) , 10/05/1900 (67 ans) ]

faïencier , maire , conseiller général

Biographie vosgienne

Notices documentaires

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

MULLER (Benoît Adolphe), faïencier
Badonviller (Meurthe-et-Moselle), 28 mars 1833 – Raon l’Etape, 10 mai 1900

Faïence de Muller (musée de Saint-Dié).
© Les Vosgiens célèbres, 1990
Fils de Jean Népomucène Muller (1799-1855) né à Neuenbourg dans le Pays de Bade, commis de tissage puis négociant à Badonviller employant 900 tisserands dans la ville et les villages, Adolphe Muller suit la même carrière. En 1853, il échappe au tirage au sort comme fils d’étrangers. Il est alors commis-négociant à Paris. Il revient à Badonviller et épouse, en 1860, Marie Claire Emma Aubry (1840-1918), fille d’un notaire de Raon-l’Etape, Nicolas Aubry.

Ce dernier achète en 1857 pour son fils Albert Aubry, dessinateur, la faïencerie de Joseph Malgras. Mais Albert Aubry meurt en 1865 et c’est sa sœur Emma qui reprend l’établissement avec son mari Adolphe Muller.

Adolphe Muller dirige la faïencerie et lui donne renommée et prospérité. Admis à domicile en France par décret du 14 mai 1872, il est naturalisé français en 1875. La même année il signe un contrat avec Emile Gallé et met à sa disposition dans sa faïencerie un atelier de décor et un four. E. Gallé y fait réaliser des faïences décorées avec ses dessins dans des moules du XVIIIème siècle qu’il avait trouvés, restaurés et réinterprétés à Saint-Clément, et qu’il transporte à Raon en 1876. Les peintres Descelles et Laurent collaborent à la réussite de cette faïencerie qu’Adolphe Muller dirige jusqu’en 1898. A son décès en 1900, l’entreprise est arrêtée et son gendre, Victor Brajon, utilisera les locaux pour y installer un commerce de vaisselle en gros.

Adolphe Muller, républicain modéré, ami influent de Jules Ferry, adjoint au maire de Raon-l’Etape, est élu conseiller d’arrondissement en 1895, puis maire de Raon-l’Etape, et enfin, en 1898 conseiller général du canton de Raon-l’Etape.

De son mariage avec Emma Aubry il eut trois enfants, dont deux filles, Marguerite et Madeleine, qui épouseront l’une Charles Marande et l’autre Victor Brajon, d’où sont issus Emile et Georges Marande qui dirigeront à Saint-Dié la grande quincaillerie Andrez-Brajon. C’est à Georges Marande que le musée de Saint-Dié doit le service de table dessiné par Gallé, réalisé à Raon-l’Etape chez Adolphe Muller, dont un exemplaire fut offert par le gouvernement français à la Reine de Roumanie en 1889.

Bibl. : Marande (G.).– La Faïencerie de Raon-l’Etape, 1850-1898 dans Recherches sur les anciennes poteries et faïences de Saint-Dié et de sa région (Catalogue d’exposition). Musée de Saint-Dié, 1980.
Ronsin (A.).– En marge de l’exposition faïences et verres de Gallé à Raon-l’Etape, in Regards, n° 169, mars 1987, p. 2.
Archives familiales de M. Georges Marande.

[ Albert RONSIN , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

MÜLLER Adelphe (Benoît)
(28 mars 1833, Badonviller, Meurthe-et-Moselle - 10 mai 1900, Raon-l'Etape)

• Adjoint ou maire de Raon-l'Etape de 1891 à 1896
• Maire de Raon-l'Etape de 1896 à 1900
• Conseiller général du canton de Raon-l'Etape de 1898 à 1900
• Manufacturier-Faïencier
• Marié, quatre enfants

Badonviller, Epinal, Frémonville, Les Islettes, Longwy, Lunéville, Pexonne, Sarreguemines et Raon-l'Etape, tant de communes de la région Lorraine, qui ont un point commun : la fabrication et le commerce de la faïence. À Raon-l'Etape, c'est le nom de la famille Müller qui est mis en exergue et plus particulièrement celui d'Adelphe. La faïencerie raonnaise fonctionne pendant la seconde moitié du XIXe siècle. Joseph Malgras, fabricant de faïence, demeurant au hameau de la Trouche, fait en 1849 l'acquisition d'une maison et d'un jardin y attenant, situés au lieu-dit faubourg de Lunéville à Raon-l'Etape. Il sollicite du ministre du Commerce l'autorisation de pouvoir établir dans la circonscription de cette commune, une usine de faïence de l'importance de trois fours, le bâtiment contenant les fours sera détaché des autres bâtiments, devant former l'ensemble de l'établissement.

Le 6 juin 1849, le préfet des Vosges autorise la création à Raon-l'Etape d'une faïencerie de trois fours. À la suite d'un jugement rendu par le tribunal civil de Saint-Dié le 17 janvier 1857, à la demande d'un créancier, Guillaume-Frédéric Paas négociant à Cologne, Joseph Malgras, fabricant de faïence et Joséphine Passerel son épouse, sont contraints de mettre en vente aux enchères publiques, tous les immeubles qui leur appartiennent sur le finage de Raon-l'Etape. Le 30 mars 1857, sa mise à prix est de 14 000 francs et l'adjudication est déclarée à 24 100 francs à Nicolas Aubry, ancien notaire demeurant à Raon-l'Etape. Maître Aubry achète la faïencerie pour son fils Albert, dessinateur de talent et ancien élève des Beaux-Arts à Paris, mais celui-ci meurt assez jeune (à l'âge de trente-trois ans) et ne s'en est jamais occupé.

C'est ainsi qu'Adelphe Müller, né en 1833 à Badonviller, vient habiter en cité raonnaise pour s'occuper de l'usine de son beau-frère. La carrière professionnelle du futur faïencier débute chez ses parents qui s'occupe du tissage. Désireux d'étendre et de perfectionner ses connaissances industrielles, il va faire un stage de quatre années dans diverses maisons et arrive à Raon-l'Etape. Adelphe Müller épouse la fille de maître Aubry, Marie-Claire Emma, qui lui donne deux fils (Georges et Maurice, morts en bas-âges) et deux filles, Marguerite et Madeleine. La première devient madame Charles Andrez et la seconde madame Victor Brajon. Adelphe Müller dirige la manufacture de faïencerie jusqu'à la fin et s'entoure d'artistes très connus dont Emile Gallé, qui est déjà peintre en faïence et qui vient de Saint-Clément. D'autres peintres collaborent à la renommée de la faïencerie de Raon-l'Etape, Paul Descelles, Laurent, etc... La faïencerie est notamment spécialisée dans la faïence brune et bleue, elle fabrique pendant de nombreuses années des poêles en faïence. Les effectifs de cette manufacture se situent entre 30 et 50 ouvriers. Toutefois, cette industrie souffre de la concurrence et de la crise commerciale industrielle.

En 1894, un incendie détruit et endommage une partie des immeubles industriels, du matériel et des marchandises ; ce qui accélère peut-être la fin de la faïencerie, qui ferme ses portes entre 1896 et 1898. Adelphe Müller disparaît le jeudi 10 mai 1900 d'une fluxion de poitrine. Il est emporté au moment où sa famille qui l'entoure de soins empressés, le croit sauvé. Ses concitoyens veulent honorer sa mémoire par des obsèques célébrées aux frais de la ville, Personne ne poursuit son œuvre de faïencier. Ses enfants transforment alors les bâtiments restant en commerce de vaisselle en gros.

Parallèlement à son activité professionnelle, Adelphe Müller participe activement à la vie et au développement de sa commune. Adjoint au maire de Raon-l'Etape, il est élu premier magistrat le 16 août 1896, à la suite de la démission d'Emile Marande. Deux ans plus tard, toujours à la suite d'Emile Marande, il entre au conseil général des Vosges. Son décès brise toutes ses ambitions politiques. Son successeur à la mairie raonnaise et à l'assemblée départementale est Alphonse Adam, entrepreneur de travaux publics.

Photo : Adelphe Müller et sa femme, née Emma Aubry

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Dictionnaire des Vosgiens célèbres 1990 — Albert RONSIN — Les Vosgiens célèbres
  2. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Adelphe MULLER », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4702 (consultée le 18 octobre 2026).

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