1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
PY (Jules), directeur-général d’un groupe d’usines textiles
Bollwiller, 16 avril 1883 – Camp d’extermination de Dachau, 24 janvier 1945
Jules Py vient habiter très jeune à Saint-Laurent, commune voisine d’Epinal, quand son père est nommé directeur du tissage Hartmann. Il fait ses études au collège de cette ville, puis à l’Ecole de Filature et de Tissage de Mulhouse. Il sort premier de sa promotion en filature et second en tissage. Il se familiarise avec la technique en devenant sous-directeur de tissage à Epinal.
En 1908, il est promu directeur des filatures et tissages des Etablissements Flageollet de Vagney-Zainvillers, qu’il quitte en 1911 pour entrer aux Etablissements Laederich à Moussey. Au cours de l’année suivante, il devient directeur général du groupe des usines de la vallée du Rabodeau de cette firme.
Mobilisé avec le grade de sous-lieutenant dès le début de la Grande guerre, il participe à de nombreux combats au cours des mois qui suivent : Ypres, Notre-Dame-de-Lorette, Fleury, Douaumont (août 1916), guerre des mines en Argonne (1916 et 1917), côte 304, attaque et organisation du Mort-Homme et du Tunnel du Kromprinz où seul, armé d’une mitrailleuse, avec deux de ses lieutenants, il fait 180 prisonniers allemands. Il est blessé deux fois, grièvement le 20 janvier 1915 et plus légèrement le 10 septembre 1917.
Il termine la guerre avec le grade de capitaine. Il est promu plus tard lieutenant-colonel de réserve. Ses actions d’éclat lui valent d’être décoré de la Croix de guerre 1914-1918, avec 10 citations, de l’Ordre de Léopold de Belgique, de la Croix de guerre belge, de la Military Cross et de la Médaille du dévouement de la Prévoyance sociale. Il a été fait également commandeur dans l’Ordre de la Légion d’honneur.
Sur le plan civil, il est élu maire de Moussey en 1917. Il est régulièrement réélu jusqu’à sa disparition. Elu conseiller général du canton de Senones en 1930, il échoue aux élections suivantes.
Mobilisé au début de la guerre 1939-1945, il est fait prisonnier à La Bresse. Il est libéré neuf mois plus tard. Dès lors, il entre en quelque sorte dans la résistance. Avec l’aide d’un passeur, il aide les évadés des camps de prisonniers en leur procurant des vêtements, des vivres et des subsides. Au début de 1944, il contribue au rapatriement d’un aviateur anglais. A cette époque, il aide les maquisards installés à proximité de Moussey. Il est déporté avec la plupart des habitants de cette localité le 24 septembre, après avoir été rendu responsable des actes de la résistance commis sur le territoire de sa commune.
Bibl. : Renseignements recueillis en 1960 auprès de M. Jacques Py, fils de Jules Py, directeur général des Etablissements Laederich de la vallée du Rabodeau et collègue de l’auteur de cet article.
Archives des Etablissements Flageollet à Vagney-Zainvillers.
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Georges Poull
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