2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
CANIAUX Alfred (Arthur Adolphe)
(16 janvier 1890, Saint-Menges, Ardennes – 3 janvier 1952, Mirecourt)
• Conseiller municipal de Mirecourt de 1919 à 1925.
• Maire de Mirecourt de 1925 à 1939.
• Conseiller général du canton de Mirecourt de 1934 à 1942 et de 1944 à 1945.
• Avoué-plaidant.
• Marié, quatre enfants.
Le petit village de Saint-Menges (situé à la frontière belge) est le berceau depuis de nombreuses générations de la famille Caniaux. Fils unique d’un modeste agriculteur ardennais, Alfred Caniaux voit le jour le 16 janvier 1890. À l’âge de huit ans, il est victime d’un très grave accident. Brûlé horriblement aux jambes, pendant plusieurs mois entre la vie et la mort, il doit garder le lit durant deux ans et marche avec difficulté. Alfred Caniaux supportera toute son existence les stigmates de cet accident.
Surmontant son handicap et ses souffrances, il est engagé comme clerc d’huissier à Sedan avant d’être clerc d’avoué à Vitry-le-François. Au lendemain de la Grande Guerre, il arrive à Mirecourt pour reprendre l’étude de maître Nachbaur, avoué ; une profession qu’il exerce jusqu’à l’heure de son décès, le 3 janvier 1952.
La cité des Luthiers accueille Alfred Caniaux et sa famille au 8, avenue Foch. C’est-à-dire son épouse, née Germaine Plaisance, dont l’union est scellée à Fourmies (Nord), le 25 janvier 1914, et leurs quatre enfants : Simone (1915), Arthur (1918), Jacqueline (1920) et Suzanne (1922).
À Mirecourt, Alfred Caniaux sait très vite acquérir la confiance des électeurs qui l’envoient siéger en 1919 au conseil municipal. Cette confiance lui est renouvelée avec une large majorité en 1925 et il est porté à la présidence de l’assemblée municipale qu’il conserve jusqu’en 1939. Le 7 octobre 1934, les électeurs du canton de Mirecourt le plébiscitent à leur tour, en remplacement de René Porterat.
Après l’abandon de tous ses mandats électifs au profit du docteur Raymond Brahy, il conserve son étude mirecurtienne jusqu’à ce que la maladie l’emporte à l’aube de l’année 1952. Sa succession professionnelle est assurée par son gendre Maurice Aubry, qui quitte son cabinet spinalien pour la propriété familiale de son beau-père. En 1959, la réforme judiciaire française supprime le tribunal civil de première instance de Mirecourt, ne laissant dans les Vosges que les deux T.G.I. (tribunal général d’instance) d’Épinal et de Saint-Dié. Les événements obligent maître Aubry à regagner le chef-lieu comme avocat au barreau des Vosges.
En récompense de ses nombreux états de service, le gouvernement de la République a décerné à maître Caniaux la croix de chevalier de la Légion d’honneur, le 13 décembre 1936, par l’intermédiaire du député Camille Picard et du préfet des Vosges Jean Agard. Alfred Caniaux repose auprès de son épouse au cimetière de Mirecourt.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]