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Joseph Charles Antoine COLLIN

[ Eplinal (88) , 09/03/1773 Epinal (88) , 01/03/1858 (84 ans) ]

avocat , maire , maire d'Epinal

Biographie vosgienne

Notices documentaires

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

COLLIN Joseph (Charles Antoine)
(9 mars 1773, Épinal – 1er mars 1858, Épinal)

• Maire d’Épinal de 1840 à 1841.
• Avocat.
• Marié.

Joseph Collin, bâtonnier de l’ordre des avocats d’Épinal, décoré de la médaille militaire de Sainte-Hélène, décède le 1er mars 1858. Il était certainement un des doyens du barreau français. Il exerce sa profession depuis cinquante-trois ans. Au premier appel de la patrie en danger, le jeune Collin s’engage volontairement, à l’âge de dix-sept ans, dans le 2e bataillon des Vosges et obtient rapidement le grade de lieutenant. Il fait plusieurs années en cette qualité, la guerre dangereuse des Chouans en Bretagne et, sous les ordres du capitaine de vaisseau, Romain-Desfossés, père de l’ancien ministre de la Marine de ce nom, partie d’une expédition sur les côtes de l’océan. Après avoir fait naufrage sur les récifs de l’île de Sein, si redoutés des navigateurs, après avoir échappé plusieurs fois à la mort, Joseph Collin revient à Épinal en 1800.

Il s’y livre à l’étude du droit (il y avait alors à Épinal une chaire de droit), et il obtient le grade licencié. Après avoir succédé à maître Martin comme avoué, il cède, dix-huit années plus tard, sa charge à son neveu, maître Pensée. Dès lors, il se consacre tout en entier aux plaidoiries. Dans la profession d’avocat, Joseph Collin, qui s’est fait lui-même par le travail, fut toujours un guide pour ses jeunes confrères. Sous sa robe d’avocat bat aussi le cœur du patriote ardent de 1790. Ce fils d’un ancien docteur en médecine conserve de sa jeunesse des idées d’indépendance, ayant pour le pouvoir d’alors des sentiments hostiles bien connus.

Sous la Restauration, l’ancien militaire est impliqué dans la conspiration du lieutenant-colonel Caron, qui paye de sa vie l’idée qu’il a eue de faire remonter sur le trône la dynastie des Napoléon. C’est à Épinal que cette conspiration prend naissance parmi les sous-officiers d’un régiment de dragons qui s’y trouve en garnison en 1821. C’est aussi à Épinal que cette conspiration échoue. Le colonel Caron aurait, dit-on, voulu enrôlé un chef d’escadrons qui en aurait informé l’autorité. Joseph Collin, mandé à Paris comme témoin, est gardé à vue par la gendarmerie pendant toute la durée de son séjour, et peu s’en faut que de témoin il ne devienne accusé.

Après la révolution de 1830, maître Collin est immédiatement nommé membre du conseil municipal spinalien, puis successivement adjoint et maire de sa ville. Issu d’une famille jouissant de l’estime totale de la population, il succède comme maire en 1840 à son confrère maître Pierre Lehec. Son administration communale est éphémère. En juin 1841, sa succession est assurée par Charles Adam, entrepreneur en travaux publics. Joseph Colin était membre de l’importante Société d’Émulation des Vosges. Celle-ci, née le 8 janvier 1825 à Épinal, est rapidement un foyer d’érudition et de culture, de connaissance du terroir et de son histoire. Veuve de Barbe Barrusta, l’ancien premier édile spinalien s’éteint à l’âge de quatre-vingt-cinq ans en son domicile de La Landre. Sa famille rapporte sa disparition en ces termes : Il est mort en ayant conservé toute sa présence d’esprit. Ses derniers instants ont été adoucis par les secours de la religion, et c’est dans les sentiments d’une foi sincère qu’il a rendu son âme à Dieu.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Joseph Charles Antoine COLLIN », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5233 (consultée le 6 septembre 2026).

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