Jean Antoine LAURENT

[ Baccarat (54) , 31/10/ 1763 – Epinal (88) , 11/02/ 1832 ]

peintre

Fondateur du Musée départemental des Vosges.

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

LAURENT Jean Antoine, parent du précédent [Jean Charles, dit Joseph LAURENT], conservateur du musée d’Épinal, né à Baccarat en 1763.

Les principaux tableaux qu’il a exécutés, sont :
- Clotilde de Surville ;
- Bathilde, reine de France ;
- Galilée ;
- et l’Enfance de Du Guesclin, composition brillante, exposée au salon de Paris en 1819, qui mit le sceau à la réputation de son auteur, (les trois derniers sont au Luxembourg);
- l’Homme au masque de fer ;
- Callot répondant à l’envoyé du cardinal de Richelieu : « Je me couperais plutôt le pouce que de rien faire contre l’honneur de mon prince et de mon pays » ; (les deux derniers ouvrages font partie de la galerie de Mme la duchesse de Berry).

M. Laurent est l’un des auteurs du Traité de dessin linéaire, à l’usage des écoles publiques, dont les premières feuilles out paru en 1827.


1831 — Dictionnaire des artistes de l’Ecole française au XIXe siècle

LAURENT (J.-A.), peintre d’histoire, à Épinal, né à Baccarat (Meurthe), élève de M. Durand, de Nancy. Voici les principaux ouvrages qu’il a exposés au M. R. :

En 1800, plusieurs portraits.

En 1804, L’Amour endormi au fond d’une coupe de cristal ; Femme appuyée dans l’embrasure d’une croisée ; Une jeune personne se mirant dans une fontaine.

En 1806 , Henri IV chez Gabrielle ; Le messager d’amour ; Villageoise tenant une rose et assise près d’une fontaine ; L’Amour soufflant une lampe ; Un joueur de hautbois.

En 1808, La prière ; La toilette ; Une fileuse écoutant un joueur de flûte ; Jeune homme écrivant des vers sur la fenêtre de sa tant doulce amie ; L’Amour captif.

En 1810, Portrait en pied du roi et de la reine de Westphalie ; La marchande de reliques ; Le troubadour guerrier ; La fleuriste ; Le jeune guerrier.

En 1812, Napoléon paraissant à un balcon ; Le retour inattendu ; Héloise embrassant la vie monastique ; Chevalier croisé voulant convertir une jeune sarrazine ; Acte de reconnaissance ; L’orage ; Un petit mendiant à la porte d’une église ; plusieurs portraits.

En 1814, Tableau allégorique des événemens de 1814 ; Bathilde, reine de France, rend la liberté à de jeunes esclaves ; L’homme au masque de fer (galerie de la duchesse de Berry) ; Une nécromancienne dans son obscur réduit ; Isabelle de Lorraine ; Une bernoise ; Le lever de l’aurore ; Jeune pèlerine ; plusieurs portraits.

En 1817, Trait de la vie de Callot (galerie de la duchesse de Berrv) ; Jeune personne dévidant de la soie ; Jeanne d’Arc se dévouant au salut de la France (tableau placé dans la chambre où Jeanne est née).
>br> En 1819, Glotilde suppliant Clovis d’embrasser le christianisme avant son départ pour la bataille de Tolbiac (M. d. R.) (galerie de Fontainebleau) ; Cendrillon essayant la pantoufle de verre ; Peau-d’Ane ; La jeunesse de Duguesclin (Lux.) ; Chèrebert offrant l’anneau royal à Trudegilde qu’il épousa (M. I.) (Musée d’Auch) ; Clémence Isaure, institutrice des Jeux floraux à Toulouse.

En 1822, Trousseau de mariage d’une Tyrolienne ; Pèlerinage à Saint Nicolas ; Autre à une fontaine miraculeuse de la Vierge ; Thibault, comte d’Espagne ; Les adieux d’un fils à sa mère ; Galilée en prison (Lux.), gravé par Dien ; Henriette de France au Louvre ; L’Amour désœuvré ; Eléonore et le sultan d’Iconie (le prince Demidoff).

En 1824, Fête patronale d’un village des Vosges ; Les trois sœurs ; Finette, Babillarde et Nonchalante (d. d’O.) ; Le petit Chaperon rouge ; La belle Laure, représentée telle que Pétrarque la vit pour la première fois ; L’hommage matinal ; Cendrillon (d. d’O.).

En 1827, L’enfant Jésus présentant des fleurs et des fruits à sa mère ; L’amant déguisé ; Intérieur d’une maison au dix-septième siècle; Funérailles de l’homme au masque de fer (ce tableau appartient à M. le duc de Choiseul).

M. Laurent a peint en outre : L’Amour se cachant dans une rose, en 1804, gravé par Mécou ; La fée Urgèle, en 1808 (galerie de la Malmaison) ; Un jeune page se couvrant d’armures anciennes, en 1810 (galerie d’Orléans) ; Clotilde de Surville, en 1812 (galerie de Parme) ; et quelques portraits, dont celui de Napoléon, qui faisait partie de la galerie de la Malmaison.

Il a exposé encore, en 1830, au Luxembourg, Un serrurier cherchant à faire mordre sa lime à un geai.

Cet artiste a obtenu une médaille d’or au Musée de 1808. Il est aujourd’hui conservateur du Musée des Vosges, professeur à l’école de dessin linéaire à l’usage des jeunes ouvriers, à Épinal. On lui doit, sur la théorie de ce genre de dessin, un ouvrage qu’il a rédigé conjointement avec ses fils, Paul et Jules Laurent, qui, tous deux, suivent la même carrière que leur père.

in Dictionnaire des artistes de l’Ecole française au XIXe siècle : peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin, lithographie et composition musicale. Par Ch. GABET, peintre.- Paris : chez Madame Vergne, libraire, 1831.

1833 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1833 / Charles Charton

LAURENT Jean-Antoine.- Par un heureux privilège, Paris est le séjour ordinaire des notabilités nationales que les lettres, les sciences et les arts présentent avec orgueil au monde civilisé. Là elles acquièrent plus de célébrité ; elles sont environnées de plus de gloire. Là le génie offre à l’admiration toutes ses conquêtes, et si la médiocrité, toujours envieuse, s’y rencontre également, elle n’ose presque point se montrer sur ce vaste théâtre. Il ne faut pas croire toutefois que, bien qu’ils soient moins favorisés que la capitale, les départements restent étrangers aux progrès des connaissances humaines. Il s’y trouve des hommes doués d’une rare capacité, de talents remarquables, exempts d’ambition, qui s’attachent à pratiquer les vertus civiques et à contribuer, autant qu’il est en eux, au bonheur de leurs concitoyens.

Malheureusement le temps, dans sa marche rapide qu’aucune puissance n’a les moyens de ralentir ni d’arrêter, nous en ravit tous les jours quelques-uns. La Société d’Émulation éprouve trop souvent de ces perles irréparables ; elle voit avec douleur se réduire la liste de ses membres les plus distingués. A peine l’année actuelle avait-elle pris naissance que nous avions encore à regretter la mort d’un de nos collègues, M. Laurent, peintre, directeur du musée des Vosges et chevalier de la Légion d’honneur.

Vous m’avez chargé, Messieurs, de retracer les travaux de cet artiste ingénieux. Cette tâche, difficile pour moi, aurait été mieux remplie par ceux d’entre nous qui ont étudié les arts, et je ne l’ai acceptée que dans la persuasion que vous m’accorderiez votre indulgence.

Né à Baccarat, département de la Meurthe, en 1763, M. Laurent a débuté de bonne heure dans la carrière qu’il a si honorablement parcourue. Des portraits, des tableaux allégoriques ont révélé d’abord son beau talent. Ses productions, encouragées par de justes éloges, se sont multipliées sous son habile pinceau, et la gravure s’est hâtée de les répandre. Il n’est point d’amateur éclairé qui ne connaisse son Amour au fond d’une coupe, L’Amour dans une rose, et les charmants sujets qu’il a tirés de l’oiseau bleu. On se plait à admirer dans ses compositions la grâce et la perfection du travail. D’autres ouvrages, L’Enfance de Du Guesclin, Henriette d’Angleterre, Héloïse embrassant la vie monastique, Clotilde de Surville, L’Homme au masque de fer, prouvent qu’en avançant en âge M. Laurent donnait à son pinceau plus de force, de gravité et d’importance, sans qu’il perdît rien de sa correction.

Je me dispenserai, Messieurs, de vous présenter la longue énumération des productions variées de notre collègue : elles attestent toutes que son imagination était active et féconde, et que son goût ne s’est jamais trompé. Mais dans le nombre des tableaux que je n’ai point cités, il en est sur lesquels j’appellerai particulièrement votre attention, parce qu’ils honorent à la fois le talent et les sentiments de leur auteur.

Dans les siècles où le fanatisme religieux s’opposait à la propagation des lumières, à l’émancipation de l’intelligence pour conserver son odieuse domination, un savant, Galilée, après de laborieuses recherches, découvrit que la terre tournait autour du soleil. Il osa le publier, et l’inquisition qui se disait sainte et qui n’était que cruelle, le condamna à une dure captivité. M. Laurent a représenté Galilée en prison : la figure du savant exprime l’indignation dont son âme est saisie, et son doigt accusateur, suivant un cercle décrit sur la muraille, confirme ces paroles sublimes du captif : et cependant elle tourne.

La Lorraine se glorifie d’avoir donné le jour à plusieurs peintres célèbres, parmi lesquels Callot occupe le premier rang. Tout le monde sait que Louis XIII proposa à cet homme illustre de peindre le siège de Nancy, et que, par un refus énergique, Callot rejeta cette humiliante proposition. M. Laurent a fait revivre ce trait si honorable de la vie du peintre lorrain. Le tableau qu’il lui a consacré offre tant de vérité dans la contenance, tant d’expression dans la figure de Callot, qu’on croirait l’entendre prononcer cette patriotique réponse : J’aimerais mieux couper ce pouce que me rendre coupable d’une telle lâcheté.

Le dernier ouvrage de notre collègue est L’Invention de l’imprimerie. C’est aussi son chef-d’oeuvre. Il n’a négligé aucune des ressources de son art pour rendre son tableau digne du noble sujet qu’il représente. On voit qu’il a voulu offrir un hommage à cette impérissable découverte, qui s’allie si bien avec la liberté et qui, comme elle, concourt an bonheur des peuples aussi longtemps que les factions n’en abusent point.

Si, en reproduisant avec une sainte exactitude les faits mémorables des temps éloignés de nous, M. Laurent s’est acquis des droits à l’estime et à la reconnaissance de ses concitoyens, il y a ajouté encore par ses services dans l’enseignement public. En même temps que l’administration départementale a fondé dans notre ville un musée destiné à recevoir les productions des arts et des sciences, ainsi que les antiquités découvertes dans le pays, elle a créé auprès de cet établissement une école de dessin linéaire. Son choix s’est porté sur M. Laurent pour la conservation du musée et la direction de l’école. Pendant huit années, votre collègue s’est acquitté de cette double tâche, et a pu former des élèves dont la plupart sont déjà devenus d’habiles ouvriers dans les arts mécaniques. On lui doit, sur la théorie du dessin linéaire, un ouvrage qu’il a rédigé avec ses fils, MM. Paul et Jules Laurent, qui tous deux suivent avec distinction la même carrière que leur père.

[Cette notice a été lue lors d’une séance de la Société d’émulation par M. Charles Charton, en avril 1832].

1833 a — Biographie universelle ou Dictionnaire historique

LAURENT (Jean-Antoine), chevalier de la Légion-d’Honneur, directeur du Musée du département des Vosges, membre de plusieurs sociétés savantes, naquit à Baccarat en 176З.

Entraîné à contempler la nature, il saisit les pinceaux, et l’Amour enchaîné, l’Amour dans une rose, dans une coupe, signalent la facilité et la grâce qu’il apportait dans ses compositions. Prenant un vol plus hardi, Laurent composa l’immortel tableau de Galilée, et celui de Callot refusant à Louis XIII de peindre le siège de Nancy.

Il mourut a Épinal au commencement de 18ЗЗ.


[in Biographie universelle ou Dictionnaire historique contenant la nécrologie des hommes célèbres de tous les pays, etc.- Par une société de gens de Lettres, de professeurs et de bibliographes.- Paris : Furne libraire-éditeur, 1833.- Tome 6, page 138].

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

LAURENT Jean Antoine.- Peintre, conservateur du Musée des Vosges, né à Baccarat (Meurthe), le 31 octobre 1763, est auteur de plusieurs tableaux qui ont joui et qui jouissent encore d’une réputation méritée.

Les principaux sont : L’Homme au Masque de fer, Galilée, L’Enfance de Du Guesclin, tableau qui eut les honneurs du salon de 1819, et qui fut vivement applaudi ; Clotilde de Surville ; Bathilde, reine de France, et Callot ; l’artiste a choisi, pour représenter ce dernier, l’instant où il répond au cardinal de Richelieu : Je me couperais plutôt le pouce, que de rien faire contre l’honneur de mon prince et de mon pays.

Laurent est mort à Épinal le 11 février 1832 ; plusieurs de ses tableaux sont au Musée du Luxembourg.

1889 — Biographie vosgienne / Félix Bouvier

LAURENT (Jean Antoine).- Né à Baccarat (Meurthe) le 31 octobre 1763, il se fit peintre ; parmi ses tableaux, on signale : L’Homme au masque de fer, Galilée, L’Enfance de Du Guesclin au Salon de peinture de 1819 ; Clotilde de Surville, La Reine Bathilde et Jacques Callot. Il fut nommé conservateur du musée des Vosges. Il est mort à Épinal, le 11 février 1832.

Son fils, Jules Laurent, sculpteur, fut aussi directeur du musée départemental des Vosges. Né à Paris, il est mort à Épinal en 1877.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

LAURENT (Jean-Antoine), peintre et fondateur du Musée des Vosges Baccarat, 31 octobre 1763 – Epinal, 11 février 1832


Elève de Durand, de Nancy, il va à Paris où il reçoit les leçons d’Augustin et expose aux salons de 1791 à 1831 des miniatures, des peintures de guerre et des portraits. Il réalise ceux de Marie-Antoinette, du Dauphin, de la princesse de Lamballe, de Mirabeau, de Charles X (au musée d’Epinal). Il se complaît également dans les scènes historiques : L’homme au Masque de fer, Galilée, L’Enfance de Du Gesclin qu’il expose au salon de 1819. Ses peintures à l’huile ont assez de succès pour entrer dans les galeries de la duchesse de Berry et du duc d’Orléans ainsi qu’à la Malmaison et au Musée du Luxembourg.

Le 11 janvier 1823, il est appelé à devenir le premier conservateur du Musée des Vosges qui venait d’être créé. Il dirige parallèlement une école de dessins annexée au musée. On lui doit l’organisation matérielle de l’établissement et la rédaction du premier catalogue en 1829.


Bibl. : Philippe (André).- Musée départemental des Vosges. Catalogue de la section des Beaux-Arts, 1929, p. XV.
Bouvier, p. 453.


[ Pierre Heili ]

Nouvelle recherche