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Armand LEDERLIN

[ Strasbourg (67) , 29/11/1836 – Thaon-les-Vosges (88) , 28/05/1919 (82 ans) ]

industriel , maire , conseiller général

Président du Conseil Général des Vosges (1907-). Commandeur de la Légion d’Honneur (1916).

Biographie vosgienne Sur Wikipédia ↗ Sur la BnF ↗ Sur Wikidata ↗

Notices documentaires

1894 — Annuaire des Vosges / Léon Louis

LEDERLIN Armand.- Né à Strasbourg le 30 novembre 1836.
Industriel, ingénieur de l’École centrale, membre de la Chambre de commerce, maire de Thaon-les-Vosges.
Conseiller général du canton de Châtel.

[ Léon LOUIS , Annuaire des Vosges, 1894, p. 155. ]

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges / Henri Jouve

© Dictionnaire H. Jouve, 1897

LEDERLIN Armand.- Né à Strasbourg (Alsace) le 30 novembre 1836.
Industriel, ancien élève de l’École centrale des Arts et Manufactures de Paris, 1854-1857.
Maire de Thaon-les-Vosges.
Membre du conseil général des Vosges (canton de Châtel} et de la Commission départementale.
Secrétaire de la chambre de commerce des Vosges.
Membre de la Chambre consultative d’agriculture d’Épinal.
Suppléant du juge de paix.
Membre du Conseil des Censeurs de la Banque de France (succursale d’Épinal).
Inspecteur départemental de l’enseignement commercial et industriel.
Président de la commission cantonale de statistique agricole et de la commission de surveillance des chemins vicinaux du canton de Châtel.
Président de la Délégation cantonale et du Comité de patronage des Écoles primaires supérieures de Thaon.
Membre du conseil presbytéral d’Épinal et du Consistoire de Nancy.
Membre du conseil d’administration de l’école normale de jeunes filles et du conseil de perfectionnement du Collège et de l’École industrielle d’Épinal.
Membre du conseil local pour la répartition des fonds de la 1re catégorie du budget des ponts et chaussées.
Membre du Comité de ravitaillement de la place d’Épinal.
Membre de la commission des Enfants assistés du département des Vosges.
M. Lederlin est chevalier de la Légion d’honneur.
Officier de l’Instruction publique.
Chevalier du Mérite agricole.
Lauréat de l’Institut (Académie des Sciences morales et politiques).

[ Henri JOUVE , Dictionnaire biographique des Vosges ]

1898 — Les Alsaciens-Lorrains

LEDERLIN Armand.- Né à Strasbourg le 30 novembre 1836.
Industriel, ingénieur civil, ancien élève de l’école centrale. M. Lederlin dirige les grands établissements de blanchisserie et de teinturerie de Thaon.
Maire de Thaon-les-Vosges, représente au conseil général le canton de Châtel.
Il est suppléant du juge de paix de ce canton ; secrétaire de la chambre de commerce et membre de la chambre consultative d’agriculture d’Épinal, inspecteur de l’enseignement commercial et industriel, président de la commission cantonale de statistique agricole, de surveillance des chemins vicinaux et de la société des amis de l’instruction.

Membre du conseil presbytéral d’Épinal, du conseil d’administration de l’école normale de jeunes filles, du conseil local pour la répartition des fonds de la 1re catégorie du budget des ponts et chaussées, il a fondé, pour ses nombreux ouvriers, une caisse de secours et de retraite, ainsi qu’une société coopérative de consommation.

M. Lederlin est chevalier de la Légion d’honneur et du Mérite agricole, et officier de l’Instruction publique.

[ Les Alsaciens-Lorrains , tome 2. ]

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

LEDERLIN (Armand), industriel
Strasbourg, 30 novembre 1836 – Thaon-les-Vosges, 30 mai 1919

Monument A. Lederlin à Thaon-les-Vosges.
© Les Vosgiens célèbres, 1990
Il suit les cours de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures de Paris de 1854 à 1857. En 1872, il est nommé directeur responsable des problèmes techniques et industriels de la Blanchisserie-Teinturerie thaonnaise en même temps qu’administrateur de cette société. En 1874, il en assure également la direction commerciale. Par la suite, il parvient au poste de président directeur général.

Désormais, les destinées de l’usine thaonnaise sont entièrement entre ses mains. Il en fait le premier établissement industriel du département. On traite à Thaon par teinture ou impression la plus grande partie des tissus de coton fabriqués dans les Vosges depuis que cet « embellissement » ne peut plus s’effectuer à Mulhouse du fait de l’annexion de l’Alsace. De 1876 à 1886, la production passe de 150 000 à 250 000 mètres de tissu par jour pour atteindre 380 000 mètres en 1894. En 1882, Armand Lederlin fait construire un port sur le canal de l’Est qui longe les usines et par où le charbon des machines à vapeur parvient à moindres frais.

A partir de 1890, il s’accorde avec ses principaux concurrents, Vincent Ponnier à Senones et Hartmann à Gisors, puis des ententes semblables sont conclues avec les manufactures de Bondeville, de Darnétal, de Bapaume-lès-Rouen… Certaines de ces usines, celles de Gisors, de Darnétal et de Bondeville sont rachetées par la BTT dès avant 1914. Si en 1909, Lederlin cède son fauteuil de président-directeur général de la BTT à son fils Paul, il continue à siéger au conseil d’administration et poursuit sa carrière industrielle en devenant l’un des fondateurs, en 1912, de la Société cotonnière de Dedovo près de Moscou, créée par les industriels textiles des Vosges.

L’œuvre sociale d’Armand Lederlin est un modèle du genre, souvent citée en exemple comme la plus accomplie des politiques paternalistes. Fortement teintée d’idéologie protestante, elle veut être une prise en charge non seulement matérielle mais aussi morale de l’ouvrier (crèches, écoles, cités, coopératives ouvrières, locaux sportifs, lutte contre l’alcoolisme, etc…). Elle vaut à son auteur d’être lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques. Ses préoccupations sociales s’étendent à l’ensemble du département : Armand Lederlin est membre de nombreux comités ou associations à but éducatif ou d’assistance. Son action au sein des instances protestantes régionales (Conseil presbytéral, consistoire d’Epinal et consistoire de Nancy) est déterminante. Parallèlement à ses nombreuses activités, il mène de front une carrière d’homme public qui le conduit à la tête de la mairie de Thaon de 1884 à sa mort et au Conseil général où il représente le canton de Châtel à partir de 1892. De 1907 à 1918, il préside l’assemblée départementale.

Bibl. : Poull (Georges).- L’industrie textile vosgienne, 1765-1981, 1982, p. 196-198.

[ Pierre HEILI , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

LEDERLIN Armand
(29 novembre 1836, Strasbourg, Bas-Rhin - 28 mai 1919, Thaon-les-Vosges)

• Conseiller municipal de Thaon-les-Vosges de 1879 à 1884
• Maire de Thaon-les-Vosges de 1884 à 1919
• Conseiller général du canton de Châtel-sur-Moselle de 1892 à 1919
• Président du conseil général des Vosges de 1907 à 1918
• Industriel
• Marié, sept enfants

Il est impossible de dissocier le nom d'Armand Lederlin de celui de la Blanchisserie et Teinturerie de Thaon. Cette entreprise qui fit les beaux jours de toute la région périphérique du chef-lieu des Vosges est née au lendemain de la guerre de 1870. C'est à un Alsacien que l’on confie alors la direction technique de la nouvelle société. Issu d'une ancienne famille protestante, Armand Lederlin naît à Strasbourg où son père Eugène exerce la profession d'avoué. Ses études secondaires effectuées au lycée strasbourgeois, Armand Lederlin entre à l'Ecole centrale des arts et manufactures de Paris et en sort, en 1857, avec le diplôme d'ingénieur mécanicien. Aussitôt, le nouveau diplômé se spécialise dans le blanchiment et la teinture, et trouve rapidement une place d'ingénieur auprès de la société Steinheil, Dieterlen et Cie (une société créée en 1847 à Rothau par Gustave Steinheil, futur député des Vosges, et son beau-frère Christophe Dieterlen). Ses compétences le mènent dans cet établissement au poste de directeur de la teinturerie.

Au lendemain de l'annexion, Armand Lederlin refuse de devenir Allemand. Il opte pour la nationalité française avec son épouse Adèle Lobstein et leurs trois enfants Armand, Paul et Anna et, en 1872, il décide de la création d'une blanchisserie teinturerie dans les Vosges avec pour coresponsable Jean-Christophe Dieterlen. Pendant quarante-sept ans, son nom reste lié à cette entreprise, supervisant les travaux de construction, innovant sans cesse, parcourant la Suisse, l'Allemagne, l'Écosse ou l'Angleterre, afin d'étudier le fonctionnement d'industries similaires. Sa valeur de chef d'entreprise reconnue par ses pairs lui vaut de siéger à la présidence de la chambre de commerce d'Epinal.

À l'âge de soixante-treize ans, en 1909, l'industriel Lederlin abandonne ses fonctions directoriales, tout en restant administrateur, et laisse les rênes de la société à son fils Paul. Outre sa grande activité professionnelle, Armand Lederlin dirige la commune de Thaon-les-Vosges à partir de 1884, succédant à Albert Christophe, maire depuis 1869. Armand Lederlin occupe cette fonction de premier magistrat jusqu'à son décès en 1919. Par contre, si son fils reprend sans difficulté son fauteuil à la mairie, les élections municipales de 1924 sont âprement disputées. C'est un employé de la BTT, Louis Guillon, qui est au centre des débats. Paul Lederlin est débouté par les électeurs thaonnais et Louis Guillon devient tour à tour maire, conseiller général et député.

Elu à cinquante-six ans, en 1892, conseiller général du canton de Châtel-sur-Moselle, à la place de Théodore Vallon, Armand Lederlin consacre la fin de sa vie à son mandat cantonal et préside, à la suite de Jules Méline, l'assemblée départementale vosgienne de 1907 à 1918. Sous son impulsion, le visage de Thaon est considérablement modifié. À son arrivée, tout est à faire, tant pour l'équipement industriel que pour l'équipement communal. Manager hors pair, doté d'un sens social très aigu, Armand Lederlin ne laisse personne indifférent. Outre la B.T.T., gigantesque entreprise qui, en 1939, occupe 5000 ouvriers pour une superficie d'usine de 46 hectares, il jette les bases d'une magnifique salle de spectacles, solarium, bains-douches... C'est ainsi que la célèbre Rotonde sort de terre en 1913 et sera inscrite au répertoire des monuments historiques.

En revanche, la crise du textile des années 1960 touche inexorablement la B.T.T. qui ne fait plus que le strict minimum pour entretenir les bâtiments. Au début des années 1980, la municipalité se porte acquéreur de la Rotonde. Un investissement judicieux pour la ville de Thaon-les-Vosges. Armand Lederlin décède le 28 mai 1919. Ses obsèques sont célébrées le lendemain, suivies de l'inhumation à Strasbourg, près des siens bien-aimés, dans sa terre redevenue française. Marié le 6 décembre 1865 à Strasbourg avec Adèle Lobstein, Armand Lederlin était père de sept enfants : Armand, Paul et Anna, nés à Rothau dans le Bas-Rhin et Henri, Marie, Pierre et Adèle, nés à Thaon-les-Vosges.
Photo : Armand Lederlin et son fils Paul, patrons de la B.T.T. et maires de Thaon-les-Vosges.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Annuaire des Vosges / Léon Louis 1894 — Léon LOUIS — Annuaire des Vosges — 1894, p. 155.
  2. Dictionnaire biographique des Vosges / Henri Jouve 1897 — Henri JOUVE — Dictionnaire biographique des Vosges
  3. Les Alsaciens-Lorrains 1898 — tome 2.
  4. Dictionnaire des Vosgiens célèbres 1990 — Pierre HEILI — Les Vosgiens célèbres
  5. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Armand LEDERLIN », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=1512 (consultée le 22 octobre 2026).

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