ecriVOSGES — Louis Daniel CHAMPY Aller au contenu
Accueil
 

Louis Daniel CHAMPY

[ Vitteaux (21) , 01/11/1763 – Strasbourg (67) , 18/01/1831 (67 ans) ]

maître de forges , maire , député

Député des Vosges (1820-1824 et 1828-1831).

Biographie vosgienne Sur Wikipédia ↗

Notices documentaires

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

CHAMPY (Louis Daniel).- Né à Vitteaux (Côte-d’Or), le 1er novembre 1763, il se fixa maître de forges à Framont, près de Grandfontaine (canton de Schirmeck) ; il fut élu député des Vosges en novembre 1820, réélu en février 1824, en novembre 1827 et en avril 1828, jusqu’en juin 1830. Il est mort au commencement de 1831.

Son fils, Pierre Champy, né à Strasbourg en 1788, a été représentant du peuple du Bas-Rhin à l’Assemblée Constituante de 1848 et colonel de la garde nationale de Strasbourg ; il est mort à Paris le 5 décembre 1876.

Son petit-fils, Paul Champy, né à Brumath le 26 décembre 1826, ancien officier d’artillerie de la garde de 1848 à 1865, a été de 1871 à 1883 conseiller général des Vosges pour le canton de Provenchères et avait été, en 1870, conseiller général du canton de Saâles, chef de bataillon de la garde mobile des Vosges en 1870-1871. Il fut lieutenant-colonel du 22e territorial d’infanterie de 1875 à 1888. Il s’est présenté à la députation le 20 février 1876, dans l’arrondissement de Saint-Dié, mais il échoua avec 6 204 voix contre 11 739 à M. Jules Ferry. Il échoua également au Sénat, le 8 janvier 1882.

M. Paul Champy est actuellement manufacturier à Gisors (Eure). Il est chevalier de la Légion d’honneur.

[ Félix BOUVIER , Biographie générale vosgienne ]

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

CHAMPY (Famille), maîtres de forge de Framont
XVIIIe -XIXe siècles

Originaire de Vitteaux (Côte d’Or), la famille Champy apparaît à Framont (principauté de Salm) à la fin du XVIIIe siècle et quitte la région lorsque la haute vallée de la Bruche est séparée des Vosges et rattachée à l’Alsace annexée à l’Empire allemand.

CHAMPY (Louis Daniel)
Vitteaux, 10 novembre 1763 - Strasbourg, 18 janvier 1831

Louis Daniel Champy.
© Les Vosgiens célèbres, 1990
Appelé en 1781 par son oncle Bernard Chouard pour le seconder dans l’administration des forges de Framont, il est d’abord commis, puis devient directeur à la mort de Bernard Chouard en 1786, dont il épouse la fille aînée, Eléonore, en 1788.

Allié ou ami de grandes familles, de chefs d’industrie alsacienne, Louis Champy développe les forges de Framont qui emploient jusqu’à 1100 personnes. En 1792, il reste seul titulaire du bail des forges signé avec le prince de Salm. En février 1793, il intervient à Paris pour tenter de faire lever le blocus des grains aux frontières de la principauté de Salm.

Lorsque la principauté devient française, il est fermier des forges nationales de Framont et en 1796, il les acquiert comme biens nationaux, puis négocie avec les Dietrich l’achat des forges de Rothau, alimentant en acier les manufactures d’armes alsaciennes. Il achète ensuite le château de Rothau et 2000 ha de forêts pour alimenter les fours de ses industries.

En 1813, il achète la forge de Grendelbruch et devient ainsi le plus riche propriétaire du département des Vosges en 1813. Après 1815, l’activité des forges décline.

Membre du Conseil d’arrondissement des Vosges en 1800 et conseiller général de 1802 à 1831, il est élu député des Vosges de 1820 à 1824, puis de 1827 à 1831.

Voir également :
- Claude Champy (1768-1793)
- Michel Champy (1791-1848)
- Pierre Champy (1793-1876)
- Paul Champy (1826-1893)

[ Albert RONSIN , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

CHAMPY Louis (Daniel)
(1er novembre 1763, Vitteaux, Côte-d’Or – 18 janvier 1831, Strasbourg, Bas-Rhin)

• Maire de Grandfontaine.
• Député des Vosges de 1820 à 1824 et de 1828 à 1831.
• Maître de forges.
• Marié.
La famille Champy est originaire de Vitteaux en Côte-d’Or, comme la famille Chouard avec laquelle elle a de nombreux liens de parentés, et qui a suivi cette dernière en Alsace à la fin du XVIIIe siècle. Louis, né en 1763 à Vitteaux, est le fils de Jean Champy et Jeanne Chouard. Après la mort de son épouse en 1781, son oncle et futur beau-père Bernard Chouard, l’appelle auprès de lui en Alsace pour l’aider dans sa gestion des mines et forges de Framont. D’abord commis aux forges, il en assume la direction après 1786, date du décès de Bernard Chouard. Lors du renouvellement du bail de Framont avec les princes de Salm, en octobre 1786, Louis Champy devient l’un des baillistes, aux côtés de ses oncles Claude et Marc-Antoine Chouard. Suite au décès de Marc-Antoine, en 1788, la nouvelle répartition des parts dans l’entreprise donne un tiers à Louis Champy, un tiers à Claude Chouard et un tiers aux enfants de Marc-Antoine Chouard.

Les usines du Framont (comté de Salm) comptent parmi les plus anciens établissements métallurgiques de France. Les chroniqueurs font remonter leur création au temps du comte Henri de Salm (1250). Ce Prince, ayant découvert les mines de Framont, fait venir à grands frais des ouvriers, pour les exploiter, et construit des forges. L’abbaye de Senones, dont les propriétés s’étendent au loin, s’émeut au résultat de ses travaux, et les moines viennent en délégation, signifier au Prince leur opposition à cette création. Ils prétendent qu’il ne lui appartient pas d’élever des forges à cet endroit, attendu que c’est un bien de l’Église. Henri de Salm ne tenant aucun compte de ce veto, les religieux détruisent les forges et s’emparent des outils, ainsi que du fer qu’on a déjà fabriqué.

Il y a donc six cents ans que l’on fabrique du fer à Framont, quand Louis Champy devient propriétaire des mines, forges et dépendances. Dans les années qui suivent son acquisition, il développe considérablement Framont, donnant du travail à quelque mille personnes. Il se mêle peu à la politique sous la Révolution, sauf pour adhérer à la Société d’Amis de la Constitution de Strasbourg, en février 1790 (il suit ensuite ses amis politiques au club de l’Auditoire) et pour intervenir en février 1793 à Paris, auprès de la Convention en faveur des habitants de la principauté de Salm, menacés de famine par le décret d’interdiction des exportations de blé.

En juin 1792, Louis Champy devient seul bailliste des forges de Framont à l’occasion de la signature d’un nouveau bail, avec le prince de Salm. Après la réunion de la principauté de Salm à la France, en mars 1793, ce bail est entériné en juillet de la même année par le directoire du département, avec quelques modifications ; Louis Champy devient fermier des forges nationales de Framont. En 1796, les forges sont mises en vente comme bien national, il les rachète à la Nation. D’autre part, il négocie avec les héritiers de Jean et Frédéric de Dietrich, l’acquisition des mines et forges de Rothau. La qualité des fers produits par les deux forges, leur permet d’être sous l’Empire, un fournisseur privilégié des manufactures d’armes de Klingenthal et de Mutzig, ainsi que de l’arsenal de Strasbourg.

En 1800, Louis Champy participe à la nouvelle société des forges du Bas-Rhin en qualité d’actionnaire et de co-gérant, aux côtés de Jean-Albert de Dietrich. Il rachète par ailleurs aux Dietrich, en 1806, l’important domaine seigneurial du ban de la Roche qui, outre le château de Rothau et plusieurs fermes, comprend quelques 2 000 hectares de forêts. Il augmente encore son patrimoine forestier par l’achat en 1820, des forêts des Choiseul-Meuse. Sur l’ensemble ainsi constitué, il pratique ainsi une sylviculture active. À Strasbourg, il s’installe d’abord dans un hôtel au 124, Grand-rue ; puis, en 1806, il rachète l’ancien hôtel de la princesse Christine de Saxe, puis de l’abbaye de Neubourg, au 14, de la rue des Juifs. Il renforce particulièrement ses liens avec la Bourgogne, en faisant en 1800, l’acquisition d’un château à Corgoloin et en se constituant un domaine viticole, avec de prestigieux vignobles à Chambolle-Musigny, Morey Saint-Denis, Prémeaux, Pommard, Volney entre autres ; ainsi que plusieurs chais et bâtiments d’exploitation. On lui attribue la création d’un des clos de Prémeaux.

Vers 1812, Louis Champy rajoute à ses entreprises la forge de Grendelbruch, entre Schirmeck et Klingenthal. En 1813, le préfet des Vosges estime qu’il est le plus riche propriétaire du département et que son revenu annuel atteint au moins 50 000 francs, sans compter le produit de ses usines. Louis Champy lui-même, en réponse à une enquête gouvernementale de 1811, indique que ses deux établissements de Rothau et de Framont, emploient à cette époque 1 350 personnes. Mais après l’Empire, les deux établissements déclinent régulièrement, tant en raison de l’épuisement des mines de fer que de la concurrence du charbon.

En politique, Louis Champy qui reste sous la Révolution dans une prudente réserve, tout en adhérent aux idées girondines, devient en juin 1800, membre du conseil d’arrondissement de Saint-Dié, puis en mars 1802, membre du conseil général des Vosges ; siège qu’il garde pourtant de nombreuses années. En 1811, le ministre de l’Intérieur le nomme membre du conseil des fabriques et manufactures. En 1815, pendant les Cent-Jours, il vient à Paris et au cours de la cérémonie du Champs de Mai, il reçoit des mains de Napoléon, l’aigle destiné au département des Vosges. De retour à Framont, l’industriel aide matériellement à la formation des Corps francs du Bas-Rhin, commandés par le colonel Nicolas Wolff. Revenu à Strasbourg en 1814 pendant le blocus de la ville, il ne peut jouer aucun rôle pendant la défense de Rothau contre les troupes alliées. En août 1815, Louis Champy se présente sans succès à la députation. Soupçonné d’activités bonapartistes, il est mis sous surveillance par le préfet des Vosges et du Bas-Rhin, ce qui n’empêche pas le comte d’Artois de venir lui remettre la Légion d’honneur. Élu le 13 novembre 1820, député des Vosges, au collège de département, il vote avec les constitutionnels, jusqu’à l’expiration de son mandat. Par contre, il n’est pas renommé à cette époque, mais revient au Parlement quatre ans plus tard, ayant reçu, le 24 novembre 1827, un nouveau mandat des électeurs vosgiens par 56 voix sur 93 votants et 102 inscrits. Il ne peut être admis à titre définitif qu’en 1828, car les élections de son département sont annulées, comme entachées de graves irrégularités. Réélu le 21 août 1828, Louis Champy reprend sa place parmi les libéraux, du côté gauche. Sa réélection, observe un biographe, est d’autant plus honorable, qu’il est le seul des membres dont se composait la première députation des Vosges qui ait été conservé.

Un an auparavant, Louis Champy vend mines, forges et dépendances à son fils Bernard-Michel. Quand Framont passe entre les mains de celui-ci, c’est la grande époque pour les mines. Celle de Grandfontaine, à elle toute seule, occupe 89 ouvriers. Mais en juin 1833, il annonce qu’il va abandonner l’exploitation des mines dans les communes de Rothau, Schirmeck et Saâles. Seule la concession de Framont reste en activité... et au printemps suivant, Bernard Champy cesse d’être seul propriétaire de Framont, ainsi commence l’ère des sociétés. Ce dernier réside au hameau de Haymonrupt dans un magnifique château qu’il fait construire en 1837. Une demeure qui subsiste une vingtaine d’années et qui disparaît du paysage local, sans que les historiens ne sachent vraiment comment.

Nées en 1260, après une histoire longue et mouvementée, les forges de Framont s’éteignent en 1867. Elles ont vécu six cent six ans. Louis Champy décède à Strasbourg, le 18 janvier 1831, laissant trois enfants : Bernard-Michel, maître de forges à Framont, Pierre, colonel de la garde nationale de Strasbourg et adjoint au maire de la ville sous la monarchie de Juillet, puis député du Bas-Rhin en 1848 et une fille Hélène. Au décès de leur père, les trois enfants décident de vendre en 1834 les propriétés de Vitteaux en Bourgogne, préférant vivre en Alsace.

En 1816, Bernard Champy unit sa destinée à Élisabeth Prost, la fille de l’influent banquier et homme politique alsacien Louis Prost, qui lui donne deux enfants. Bien que résidant à Framont dans les Vosges, Bernard Champy demeure aussi à Strasbourg dans l’ancien hôtel de Dietrich, place Broglie. Dans le département des Vosges, son action politique est très brève, car élu le premier conseiller général du canton de Schirmeck en 1833, il donne sa démission l’année suivante. À cette date, il est considéré comme millionnaire. Bernard Champy disparaît en 1848 et la fin du second Empire va redonner les cantons de Saâles et de Schirmeck à l’Alsace.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier 1889 — Félix BOUVIER — Biographie générale vosgienne
  2. Dictionnaire des Vosgiens célèbres 1990 — Albert RONSIN — Les Vosgiens célèbres
  3. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Louis Daniel CHAMPY », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=2730 (consultée le 16 octobre 2026).

Nouvelle recherche