1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
DOMMARTIN (Diane de) , marquise d’Havré
Octobre 1552 - + ap. le 14 octobre 1625
Diane de Dommartin est la fille unique de Louis de Dommartin, baron de Fontenoy-le-Château, seigneur de Neuviller, Thicourt, Ogéviller, Bayon, etc., et de Philippe de La Marck. Elle hérite de ces divers châteaux et seigneuries en octobre 1554. Ce riche patrimoine lui vaut d’être demandée en mariage dès qu’elle atteint l’âge de treize ans. En 1566, ses tuteurs lui font épouser Jean Philippe, comte de Salm, fils de Philippe François Wild et Rhingrave de Dauhn et de Kirbourg, comte de Salm et de Marie-Égyptienne comtesse d’Oetingen. Ce personnage commande à cette époque une importante armée de mercenaires avec Frédéric son frère. Ils soutiennent le parti des Guise et combattent contre les protestants jusqu’au moment où le traité de Longjumeau ramène la paix. Celle-ci est de courte durée. En mars 1569, quand la troisième guerre civile commence, Jean Philippe et Frédéric traversent le territoire français à marches forcées avec leurs troupes et rejoignent l’armée levée par le duc d’Anjou. Ce dernier se porte à la rencontre des protestants commandes par le prince de Condé et les bat à Jarnac, puis le 3 octobre 1569 à Moncontour.
Au cours de ce combat, Jean Philippe est grièvement blessé par l’amiral de Coligny. Il est aussitôt transporté dans l’abbaye de Bourgueil. Malgré les soins empressés d’Ambroise Paré, il décède quelques jours plus tard. Il est inhumé auprès de ses parents dans l’église Saint-Jean de Dauhn. Diane de Dommartin met au monde quelques mois plus tard une fille posthume, Claudine, Rhingravine de Salm. Elle ne reste pas longtemps veuve. Vers la fin de 1570, elle convole avec Charles Philippe de Croy, marquis d’Havré, Prince du Saint-Empire, chevalier de la Toison d’or. Né posthume le 1er septembre 1549, ce personnage est le fils de Philippe de Croy, duc d’Aarschot, et d’ Anne de Lorraine, elle-même fille du duc Antoine 1°. Il meurt le 25 novembre 1613 dans son château de Fontenoy. Il est inhumé quelques jours plus tard dans la chapelle castrale de Fénétrange.
Durant son existence, Diane de Dommartin fait frapper des monnaies dans sa terre de Fénétrange. Elle réside généralement dans son château de Fontenoy, situé près de Bains-les-Bains, ou dans son hôtel de Nancy construit dans l’ancienne rue des Comptes. Elle se rend aussi fréquemment à Paris où elle excite la curiosité des nobles qu’elle rencontre.
Tallemant des Réaux lui consacre une de ses célèbres "Historiettes". Il rappelle qu’elle possède un gobelet merveilleux. Quand on le laisse tomber et qu’il se casse, il suffit de remettre ses morceaux dans son étui pour qu’on "le retrouve aussy entier que devant" le lendemain. Elle tient cet objet de son ancêtre Pierre, sire de Bourlémont, qui l’avait lui-même reçu d’une fée, suivant une légende au cours de la seconde moitié du XIII° siècle. Elle est aussi la fondatrice du village de Diane-Capelle, situé dans sa terre de Fénétrange. Avant de disparaître, elle dicte deux testaments datés des 31 juillet et 17 août 1615. Ses biens reviennent plus tard à quelques-uns des huit enfants nés de son second mariage.
Bibl. : Poull (G).-
Les Familles nobles de Lorraine, Dommartin, 1961.
Poull (G).-
Le Sire de Bourlémont et la fée, in
Les Vosges, éd. France-Empire, 1985, pages 403 à 406.
Monnaie, sceau et plaque de foyer aux armes de Diane de Dommartin, in
Mémoires de la Société d’Archéologie lorraine, 1881, pages 262 à 272.
Poull (G).- Catalogue manuscrit des actes de la famille de Dommartin.
[Georges Poull].