Silvain Charles Prosper JUTIER

[ Moulins (03) , 01/06/ 1826 – Moulins (03) , 08/04/ 1885 ]

inspecteur général des mines

Officier de la Légion d’Honneur (1880).

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

JUTIER (Sylvain C. P.), inspecteur général des mines, créateur des galeries des eaux de Plombières

Moulins, 1826 - Moulins, avril 1885


Sylvain Jutier, fils d’un juge de Moulins, après ses études au lycée de sa ville natale et une année de mathématiques spéciales, entre à l’école polytechnique en 1844, puis à l’école des mines. Lors de la Révolution de 1848, il participe au sauvetage d’une partie des richesses du château de Neuilly incendié. En 1849, il est nommé à Périgueux, puis au début de 1851 il est chargé du sous-arrondissement minéralogique de Colmar, comprenant Haut-Rhin et Vosges. Il donne des études au Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse (1861) et aux Annales de la Société d’Émulation des Vosges (1860) sur le développement des appareils à vapeur dans ces départements.

En 1856, l’empereur Napoléon III, en cure à Plombières, décide l’édification de nouveaux thermes en aval des anciens. Jutier est chargé de rechercher et d’aménager les sources. Il consacre cinq ans à exécuter une galerie en aval qui remonte le lit de l’ancienne vallée de l’Eaugronne sous la rue principale et capte sept sources. Une seconde galerie, creusée en roche granitique sur le flanc sud de la vallée, permet de trouver cinq sources tempérées dites savonneuses. Le débit des eaux minérales, suite à ces travaux, passe de 180 à 450 litres et celui des sources tempérées de 172 à 340 litres.

Il fait, durant les travaux, des observations sur la minéralogie et la cristallisation dans les bains romains qu’il communique à Daubrée, ingénieur en chef à Strasbourg. Pour sa part, avec J. Lefort de l’ Académie de médecine, il publie une Étude sur les eaux minérales et thermales de Plombières (Paris, Baillière, 1862), et une Note sur les résultats au point de vue géologique des travaux de captage des sources minérales de Plombières, parue dans les Annales des mines de 1859.

Créateur, pour les besoins de ses travaux, d’un appareil à déversoir, il en publie la description dans les Annales des mines de 1861, tandis qu’en 1866 il donne aux Annales de la Société d’hydrologie médicale un rapport sur le rôle de l’électricité dans leurs effets thérapeutiques, en réfutation aux thèses avancées par le docteur Scoutetten.

De 1862 à 1869, Jutier est affecté à Paris au contrôle des chemins de fer de la Compagnie de Lyon. Il est appelé aux fonctions d’ingénieur en chef en 1869 et, nommé en 1872, il prend en charge l’arrondissement minéralogique de Châlons-sur-Saône. Il s’y préoccupe des problèmes des mines de charbon et, pour lutter contre les coups de grisou, préconise l’aérage et l’arrosage des galeries très poussiéreuses.

Sa santé décline à partir de 1881 : il a une maladie de coeur et est atteint par l’asthme. Nommé inspecteur général en 1883, il a la charge du contrôle des voies ferrées de la Compagnie de l’Ouest, puis en 1844 il passe à l’inspection de la division minéralogique du Nord-Est.

En août 1884, à l’issue d’un séjour à Moulins chez son frère, il est incapable d’entreprendre sa tournée d’inspection et meurt sur place, après plusieurs mois de souffrances, en avril 1885.

Chevalier de la Légion d’honneur en 1858 pour ses travaux à Plombières, il reçoit la croix d’officier en 1860.


Bibl. : Tournaire (M.).- Notice nécrologique sur M. Jutier, in Annales des mines, 1885, p. 177-186.


[ Albert Ronsin ]

Nouvelle recherche