1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
THIRION (Nicolas Henry) , constructeur de pompes à incendie, militant socialiste cabetiste
Mirecourt, 13 juin 1803 – Mirecourt, ?
Son père, tourneur sur bois, et sa mère sont originaires de Vézelise. Lui-même épouse en 1828 la fille d’un aubergiste de Mirecourt, Marguerite–Justine Giroudot et il est d’abord ouvrier mécanicien, puis il monte une petite entreprise de construction de machines, en particulier de pompes à incendie. En 1848, il a même le titre d’inspecteur des pompes de l’arrondissement de Mirecourt.
En décembre 1843, avec un ami facteur d’orgues, J. Chambry, il demande la permission de créer une association d’aides aux ouvriers-voyageurs sans ouvrage, mais l’autorisation est refusée par le ministère, le maire de Mirecourt signalant que les instigateurs ont des principes communistes. En fait, Thirion et quelques-uns de ses amis diffusent les brochures répandant les idées d’Etienne Cabet (1768-1856), auteur du Voyage en Icarie (1840).
En 1848, son groupe provoque des troubles à Mirecourt. Nicolas Thirion rédige, lors des élections législatives, une profession de foi très ouvriériste bien qu’assez modérée, puis renonce à se présenter devant les électeurs en 1848, mais en mai 1849 il est candidat sur la liste radicale aux élections législatives, se réclamant de Ledru-Rollin ; de cette liste, seul Forel est élu.
Le groupe cabetiste, affaibli par le départ en Icarie aux États-Unis d’une quinzaine d’adeptes mirecurtiens, ne compte plus que quelques militants sous la direction de Nicolas Thirion, qui conserve son influence à l’échelle du département tout en étant sous la surveillance de la police.
En 1866, il a la douleur de perdre l’un de ses fils, Nicolas Henry, resté célibataire, âgé de 34 ans, qui travaille chez son père comme mécanicien.
Bibl. : Bass (Dany).- Le socialisme utopique de Mirecourt, vie et mort d’un groupe cabetiste (1843-1848).
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Albert Ronsin
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