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Joseph Maurice GRANDJEAN

[ Chamagne (88) , 06/02/1804 Charmes (88) , 19/02/1877 (73 ans) ]

notaire , maire , conseiller général

Président du conseil général des Vosges.

Biographie vosgienne

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Référence suggérée

ecriVOSGES, « Joseph Maurice GRANDJEAN », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5330 (consultée le 19 septembre 2026).

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Bibliographie et sources

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Notices documentaires

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

GRANDJEAN Joseph (Maurice)
(6 février 1804, Chamagne - 19 février 1877, Charmes)

• Maire de Charmes de 1860 à 1868
• Conseiller général du canton de Charmes de 1854 à 1877
• Président du conseil général des Vosges de 1875 à 1876
• Notaire
• Marié

Depuis 1789, le conseil général des Vosges compte trente-huit présidents. Les mandats les plus longs sont ceux de Jules Aymé (1852-1870), Jules Ferry (1880-1892), Jules Méline (1893-1906), Armand Lederlin (1907-1918), André Barbier (1937-1953), Jean Vilmain (1953-1976) et Christian Poncelet depuis 1976. Tous les présidents sont des personnalités en vue, souvent parlementaires, parfois ministres. Un seul joue un rôle effacé et ne doit sa présidence qu'à son grand âge. Cette personne oubliée de tous, inconnue pratiquement de tous les hommes politiques vosgiens, est Joseph Grandjean.

Né à Chamagne, patrie de l'illustre peintre Claude Gelée, Joseph Grandjean est maire de la cité carpinienne de 1860 à 1868 où il exerce la profession de notaire. Il succède le 5 avril 1831 à maître Nicolas Raguel et vend son étude, le 14 juillet 1862, à maître Camille Grandjean. Joseph Grandjean est également conseiller général du canton de Charmes de 1854 à son décès en 1877, soit durant vingt-trois années. Pendant longtemps, il est président de la commission des vœux. Sa formation juridique lui donne une grande expérience des affaires. Doyen d'âge, Joseph Grandjean préside la première session du 16 août 1875. La question se pose d'élire le président du conseil général des Vosges. Le candidat de la précédente session, Nicolas Claude, de Celles-sur-Plaine, compte bien retrouver son fauteuil. Ce manufacturier, conseiller général du canton de Saulxures-sur-Moselotte, est un journaliste distingué, fondateur avec Nefftzer du grand journal parisien Le Temps.

Mais Joseph Grandjean a ses partisans ; en particulier le conseiller général du canton de Rambervillers, le baron de Ravinel, lequel est décidé à voter et à faire campagne pour le notable carpinien. L'élection se fait à la majorité absolue, soit 15 voix sur 28 inscrits. Le premier tour de scrutin donne 14 voix au notaire Grandjean et 14 voix à l'industriel Claude. Les élus recommencent à voter et le résultat est encore de 14 contre 14. Il est donc procédé à un troisième et dernier tour de scrutin, qui s'avère finalement identique aux deux premiers. Le baron de Foucault, préfet des Vosges, fait alors savoir qu'en vertu de l'article 82 du règlement le plus âgé doit être nommé. Joseph Grandjean, né le 6 février 1804, l'emporte ainsi sur Nicolas Claude, né le 11 novembre 1821.

Suite à cet événement assez épique dans l'enceinte de l'assemblée départementale, Jules Ferry, conseiller général du canton du Thillot, fait observer que la loi exige la majorité absolue des suffrages et qu'en conséquence, il vaut mieux terminer la séance sous la présidence de Joseph Grandjean, quitte à remettre au lendemain les opérations de constitution du bureau. Le préfet objecte qu'il y a eu naguère un précédent dans un autre département. Aussitôt, le baron de Ravinel intervient et interpelle Jules Ferry. Ce dernier réplique et fait lire par le président une proposition de remise des opérations à la séance suivante. Le préfet, à son tour, n'est pas d'accord. Jules Méline propose une suspension de séance d'un quart d'heure. Le baron de Ravinel, très en verve, est contre. Finalement, les élus votent pour la suspension de séance. La première épreuve est douteuse. Alors, on recommence par assis et levé, et la séance est suspendue.

Trente minutes plus tard, les conseillers généraux reprennent leur place et Albert Ferry, conseiller général du canton de Gérardmer, donne lecture d'une déclaration aux termes de laquelle ses collègues refusent l'interprétation de l'article 25 de la loi du 10 août 1871. Ils annoncent qu'ils vont se pourvoir en conseil d'Etat, mais pour ne pas entraver la marche des affaires, ils sont prêts à passer à l'ordre du jour. Le préfet demande que Joseph Grandjean, président d'âge, donne acte de ses réserves, puis le proclame président du conseil général des Vosges. À la session suivante, Joseph Grandjean n'a plus que 9 voix contre 16 à Nicolas Claude, qui récupère sa présidence. Et l'année après, le préfet prononce l'oraison funèbre, au demeurant très succincte, de l'ancien président, décédé à Charmes le 19 février 1877.

Au cours de la séance du conseil général du mois d'avril, le président et sénateur Claude rappelle assez benoîtement la mémoire de son ancien collègue et adversaire : En perdant Joseph Grandjean, le conseil général des Vosges a perdu un de ses membres les plus anciens et un de ceux qui ont rendu le plus de services au département et à l'assemblée départementale. Joseph Grandjean a été longtemps président de votre commission des vœux. Il y a fait preuve d'une grande expérience et il y a déployé des connaissances en matière de droit qui ont justifié sa réputation de jurisconsulte éminent. La Commission des vœux regrettera le concours d'une telle compétence et le conseil général tout entier ne peut que s'associer aux regrets qu'inspire l'honorable Joseph Grandjean.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Joseph Maurice GRANDJEAN », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5330 (consultée le 19 septembre 2026).

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