Lionel Stoléru est né en 1937 à Nantes, d'Élie Stoléru et Fernande Blum. Il effectue ses études au lycée Félix-Faure à Nice, puis à l'École polytechnique dont il sort second en 1958. Ingénieur de l'École nationale supérieure des Mines à Paris, licencié ès sciences, son cursus s'enrichit du titre de Doctor of Philosophy (économie) de l'université de Stanford en Californie. Sa vie professionnelle débute aux services des Mines à Douai de 1963 à 1965. Mais c'est la politique qui le propulse au-devant de la scène nationale et internationale, auprès de Valéry Giscard d'Estaing, ministre de l'Économie et des Finances, comme conseiller technique. Un poste qu'il occupe de 1969 à 1974. L'année suivante, l'ingénieur des Mines est conseiller économique au Secrétariat général de la présidence de la République. Une promotion pour Lionel Stoléru qui suit dans son élan son ancien ministre, devenu chef de l'État.
Auteur de plusieurs ouvrages, ce polytechnicien reçoit lors d'un remaniement du ministère Chirac un secrétariat d'État au Travail manuel, spécialement créé pour lui. Conseiller technique de 1969 à 1974, il déploie une activité féconde dans le domaine médiatique. Par le biais de nombreuses campagnes de presse, il tente de réhabiliter un secteur qui, aux yeux du public, est en déclin. Un ouvrier spécialisé est même nommé dans son cabinet. Deux ans plus tard, dans le gouvernement de Raymond Barre, il est nommé secrétaire d'État auprès du ministre du Travail (Travail manuel et Immigration). Les gouvernements changent mais Lionel Stoléru reste à son poste. Il est reconduit dans son ministère, auquel on adjoint celui de la Participation.
L'arrivée de François Mitterrand à la présidence de la République l'amène à reprendre sa profession d'ingénieur général des Mines ; il devient président de la chambre de commerce France-Israël. En revanche, en 1988, à la démission de Jacques Chirac alors Premier ministre de la cohabitation, il est appelé à siéger dans le gouvernement de Michel Rocard, en tant que secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargé du Plan. Sa carrière le conduit ensuite conseiller économique auprès du président ukrainien à Kiev.
Si l'ancien ministre a d'importantes responsabilités politiques nationales, il ambitionne également des responsabilités départementales. Son arrivée dans les Vosges est très agitée. Parachuté pour les uns, installé pour les autres, il est finalement élu conseiller général du canton de Provenchères-sur-Fave en mars 1979. Ce Vosgien d'adoption remplace le ministre Maurice Lemaire décédé en cours de mandat. L'installation de Lionel Stoléru au sein du conseil général des Vosges est attendue par un public nombreux, le 28 mars 1979. Alors que le président Poncelet retrouve sa présidence (15 voix contre 13 voix au Spinalien Pierre Blanck), l'élection du vice-président est fort perturbée. Christian Poncelet présente pour la majorité Lionel Stoléru et le docteur-vétérinaire certiniacien Michel Bidaud. Sa stratégie est qu'en cas d'égalité de voix, la première vice-présidence revienne au ministre, plus âgé que le conseiller général de Xertigny. En fait, l'opposition départementale donne un petit coup de pouce à l'élu de la Vôge, afin que celui-ci monte au perchoir de l'assemblée où il n'y a place que pour un seul vice-président.
Lionel Stoléru siège dans la salle avant de chuter le 21 mars 1982. À cette date, l'ancien secrétaire d'État au Travail manuel est dépouillé du seul mandat dont les Vosgiens l'ont investi. Le canton de Provenchères-sur-Fave vote en faveur d'Arnould de Bazelaire de Lesseux, pour seulement deux voix d'écart (793 contre 791). Lionel Stoléru en tire cette conclusion. Cet échec est pour moi plutôt un échec affectif : ayant beaucoup donné de moi-même aux Vosges et n'ayant pas été compris, je quitte mes Vosges comme on se quitte après un chagrin d'amour déçu : définitivement.
Auparavant, il se positionne à deux reprises, en 1978 et en 1981, aux élections législatives sur la circonscription de Saint-Dié face à Christian Pierret. À chaque consultation, il échoue dans son entreprise. Il rebondit comme député de l'Oise en 1988, et conseiller régional de Picardie en 1992. Homme politique, économiste de renom, Lionel Stoléru est également féru de musique. Pianiste, il manie la baguette de chef d'orchestre avec maestria et dirige de prestigieux orchestres européens. Sans aucun doute, la carrière publique de Lionel Stoléru mérite une attention toute particulière. De son union avec Francine Wolff, le 29 décembre 1966, il a une fille Emmanuelle.