Le mercredi 18 juillet 2001, la vallée de la Haute-Meurthe apprend avec une grande tristesse la disparition de son ancien édile. Pendant un demi-siècle, Joseph Valentin administre avec passion et avec le franc-parler qui le caractérise sa ville de Plainfaing. Au-delà des terres plainfinoises, c'est également un digne représentant du canton de Fraize à l'Hôtel du département. Deuxième d'une famille de trois enfants, Joseph Valentin voit le jour en 1921. Employé aux Eaux-et-Forêts, il abandonne sa profession au lendemain de la guerre 1939-45, afin de prétendre au poste de maire de Plainfaing. Son métier et sa nouvelle mission étant incompatibles, il se tourne vers l'agriculture et l'apiculture. Le 23 juin 1950, le cercle familial s'agrandit, lorsqu'il donne son nom à Cécile Robert. De cette union naissent quatre enfants : Philippe, Yvan, Jacqueline et Frédérique.
À cette période et contre toute attente, Joseph Valentin débute une féconde carrière publique en devenant le premier magistrat de Plainfaing, le 26 octobre 1947, succédant à Joseph Dutreux. Un poste qu'il occupe sans discontinuité durant huit mandats. Une longévité qui marque le respect et l'attachement de toute une région à cet homme du terroir. Aussi, en 1961, accède-t-il logiquement au siège de conseiller général du canton de Fraize, détenu par l'instituteur Henri Lalevée. Depuis le 20 mars 1949, Joseph Valentin tente de conquérir un fauteuil à l'assemblée départementale. Mais surtout l'intermède du très énigmatique parlementaire de Wisembach, Jacques Tacnet-Ducreux, le prive d'une reconnaissance cantonale.
En étudiant le parcours de Joseph Valentin, il est impossible de ne pas l'associer à celui de Roger Fréchin. Ils sont sans aucun doute, les plus vieux adversaires politiques du département des Vosges. Lors de la consultation de 1985, ils en sont à leur sixième affrontement. En 1955, Roger Fréchin se désiste au profit de Henri Lalevée qui bat Joseph Valentin. Six ans plus tard, Joseph Valentin bat Roger Fréchin ; en 1967, ce dernier enlève son siège à Joseph Valentin. Il est réélu en 1973. Enfin, en 1979, Joseph Valentin retrouve son fauteuil en déclarant : D'habitude, c'était pratiquement toujours moi qui courait après Roger Fréchin. Cette fois, c'est lui qui me court après.
À deux reprises, l'exploitant agricole sollicite les suffrages des grands électeurs vosgiens pour les sénatoriales de 1959 et 1977. Des joutes électorales qui reviennent finalement à Louis Courroy, Henri Parisot, puis à Christian Poncelet et Albert Voilquin. L'année 1995 met un terme au parcours politique de Joseph Valentin qui a été élevé, dix ans auparavant, au grade de chevalier de la Légion d'honneur, par le préfet vosgien Clément Bouin. Une belle gratification pour cet homme passionné ! Le conseiller général honoraire des Vosges s'éteint à l'hôpital Central de Nancy et ses obsèques ont lieu dans la plus stricte intimité.