Charles Joseph BRESSON

[ Epinal (88) , 27/03/ 1798 – Naples (Italie) , 02/11/ 1847 ]

ambassadeur

Pair de France.

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

BRESSON Charles Joseph.- [Fils aîné de François Léopold BRESSON], né à Épinal, est dans la diplomatie depuis 1816.

Il voyage en ce moment dans les mers de l’Amérique du sud, chargé d’une mission des plus importantes, qu’il doit autant à ses talents qu’à la confiance dont l’honore le ministre le plus distingué qui ait encore paru dans la marine, M. Hyde de Neuville.

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

BRESSON Charles Joseph.- Comte, ambassadeur, pair de France, né à Épinal le 7 germinal an VI, est entré dans la diplomatie dès 1816, après avoir reçu une éducation remarquable, qui développa en lui les plus heureuses qualités. Un grand nombre de missions importantes lui ont été confiées, et il s’en est toujours acquitté de manière à attacher à son nom une véritable célébrité.

Après la révolution de juillet, il a occupé des postes diplomatiques de la plus haute importance : il a représenté la France, en Prusse, pendant près de huit ans, et, en Espagne, pendant plusieurs années ; dans cette dernière position, il a mis le comble à sa réputation en menant à bonne fin une négociation extrêmement délicate, celle du mariage de la reine et de l’infante [Note]. Plus tard, des influences politiques ayant rendu sa présence difficile à Madrid, le ministère lui confia l’ambassade de Naples. Mais le jour même de sa réception officielle, le 2 novembre 1847, en rentrant du théâtre de Saint-Charles, où il avait passé la soirée, il se coupa la gorge avec un rasoir, et mourut sans prononcer une parole.

Pendant son séjour en Espagne, M. Bresson avait été atteint d’une fièvre cérébrale, et il éprouvait souvent, depuis, des indispositions intermittentes, qui, plusieurs fois, avaient amené des transports au cerveau. Il est d’autant plus probable que c’est pendant un de ces accès qu’il a attenté à sa vie, que peu de jours avant sa mort, il écrivait à son père, M. Bresson, conseiller à la cour de cassation : Je sens que je suis plus homme du nord que du midi : ce beau climat excite chez moi le système nerveux à l’excès.

Pendant qu’il était ambassadeur à Berlin, en 1836, le roi l’avait appelé au ministère, mais il ne crut pas devoir accepter le portefeuille qui lui était confié.

M. Bresson a été universellement regretté. Il est un des hommes qui ont rendu le plus de services au gouvernement de juillet.



Note : La reine d’Espagne a tenu, sur les fonts baptismaux, le fils de M. Bresson, né a Madrid, et l’a créé grand d’Espagne de première classe.

1852 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1852 / Charles Charton

BRESSON Charles Joseph.- Comte, grand officier de la Légion d’Honneur, pair de France, ambassadeur de France à Naples, né à Épinal le 7 germinal an 6, et mort à Naples le 2 novembre 1847.

Issu d’une famille vosgienne qui a produit des avocats et des magistrats d’une haute distinction, M. Bresson entra dans la diplomatie en 1816, à l’âge de 18 ans. Son mérite personnel l’éleva aux emplois les plus éminents ; honoré de la confiance et de l’amitié d’un de nos hommes d’État les plus célèbres, M. Hyde de Neuville, il fut, dès son début, chargé d’une mission fort importante dans l’Amérique du sud, et, cette mission remplie, le Gouvernement l’appela à diverses reprises a représenter la France auprès des puissances étrangères, qui entretenaient avec elle des relations souvent amicales et souvent difficiles.

Les ambassades de Berlin et de Madrid furent principalement celles où il déploya toutes les ressources de la science diplomatique. De Madrid il fut envoyé à Naples, où il arriva le 23 octobre 1847.

C’est dans cette dernière ville qu’il termina, de la façon la plus tragique, sa carrière si bien remplie. Le 2 novembre 1847, à cinq heures du matin, M. Bresson, qui depuis quelque temps donnait des signes d’un dérangement intellectuel, se coupa volontairement la gorge avec un rasoir, et mourut presque instantanément. Sous l’influence de son affection morale, il se plaignait du climat de Naples, du siroco ; il voulait partir au plus vite ; l’appartement qu’il avait loué chez le duc de San Teodore, lui déplaisait ; la veille de son suicide, il avait dit à plusieurs personnes qu’il pressentait une grave maladie.

Sa dépouille mortelle, que Mme la comtesse Bresson, sa femme, et son jeune fils, accompagnaient, arriva le 11 novembre à Marseille, sur la frégate à vapeur le Magellan. Ses obsèques furent célébrées le 20 du même mois, à l’église Notre-Dame de Lorette à Paris, sans aucune pompe extérieure, conformément au voeu de sa famille ; mais un grand nombre de personnes de distinction, des ministres, des pairs de France, des députés, des magistrats, des membres du corps diplomatique, des notabilités appartenant aux lettres, aux sciences et aux arts, ne s’en firent pas moins un devoir de payer, dans cette pénible conjoncture, un tribut d’hommages et de regrets à l’un des hommes qui se sont le plus utilement consacrés au service de leur pays.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

BRESSON (Charles-Joseph). Charles-Joseph Bresson, comte, ambassadeur, pair de France, né à Épinal le 7 germinal an VI, est entré dans la diplomatie en 1816, après avoir reçu une éducation remarquable, qui développa en lui un grand nombre de qualités heureuses. Les missions les plus importantes lui ont été confiées et il s’en est toujours acquitté de manière à attacher à son nom une certaine célébrité. Après la révolution de juillet, il a occupé des postes diplomatiques de la plus haute importance : il a représenté la France, en Prusse, pendant près de huit ans, et en Espagne, pendant plusieurs années ; dans cette dernière position, il a mis le comble à sa réputation en négociant le mariage de la reine et celui de l’infante.

Plus tard, des influences politiques ayant rendu sa présence difficile à Madrid, le ministère lui confia l’ambassade de Naples. Mais le jour même de sa réception officielle, le 2 novembre 1847, en rentrant du théâtre de Saint-Charles où il avait passé la soirée, il se coupa la gorge avec un rasoir, et mourut sans prononcer une parole.

Pendant son séjour en Espagne, M. Bresson avait été atteint d’une fièvre cérébrale, et il éprouvait souvent, depuis, des indispositions intermittentes, qui, plusieurs fois, avaient amené des transports au cerveau. Il est d’autant plus probable que c’est pendant un de ces accès qu’il a attenté à sa vie, que peu de jours avant sa mort, il écrivait à son père, M. Bresson, conseiller à la cour de cassation : Je sens que je suis plus homme du nord que du midi : ce beau climat excite chez moi le système nerveux à l’excès.

Pendant qu’il était ambassadeur à Berlin, en 1836, le roi Louis-Philippe l’avait appelé au ministère, mais il ne crut pas devoir accepter le portefeuille qui lui était confié.

M. Bresson est un des hommes qui ont rendu le plus de services au gouvernement de juillet. La reine d’Espagne a tenu sur les fonts baptismaux le fils de M. Bresson, né à Madrid, et l’a créé grand d’Espagne de première classe.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

BRESSON Charles Joseph.- [Né à Épinal en] 1798.

Entré dans la diplomatie en 1816, il fut chargé successivement de missions fort importantes, dont il s’acquitta de manière à conquérir une véritable célébrité. Il embrassa, en 1830, la cause du gouvernement de Juillet, et il représenta la France en Prusse, en Espagne et à Naples.

Louis-Philippe lui donna le titre de comte et le créa Pair de France. C’est lui qui, en Espagne, avait su conduire à bonne fin le mariage de la Reine avec son cousin, et celui de l’Infante, sa soeur, avec le duc de Montpensier, fils du roi des Français. En 1836, il avait été appelé au ministère ; mais il refusa le portefeuille qui lui était confié.

Pendant son séjour en Espagne, le comte Bresson avait été atteint d’une fièvre cérébrale, dont il éprouvait de temps à autre des accès. On croit que ce fut à cette cause qu’on dut attribuer sa mort. Le jour même de sa réception à Naples, comme ambassadeur, il se coupa la gorge avec un rasoir et mourut sur-le-champ. Cette mort violente porta la tristesse dans le coeur de tous ses amis, et il en avait un grand nombre.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

BRESSON (Charles Joseph, comte de).- Fils de Léopold Bresson, il est né à Épinal, le 27 mars 1798 (7 germinal an VI), et entra en 1816 dans la diplomatie, où il fut secrétaire d’ambassade à Londres, etc., plénipotentiaire en Hanovre le 15 mai 1831, puis ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire en Prusse, le 23 décembre 1832 jusqu’en 1843 ; il devint ministre des Affaires Étrangères en 1836 mais il n’accepta pas.

Ambassadeur en Espagne le 6 novembre 1843, il mena à bonne fin, à Madrid, les délicates négociations des mariages princiers. Nommé ambassadeur à Naples, le 5 août 1847, il venait à peine d’arriver à son poste que, le 2 novembre 1847, dans la soirée, en rentrant du théâtre San-Carlo, il se coupa la gorge avec un rasoir, dans un accès de fièvre cérébrale.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BRESSON (Charles Joseph, comte de), ambassadeur, fils du précédent [François-Léopold Bresson]
(Épinal, 27 mars 1798 - Naples, 2 novembre 1847)

Il entre dans la diplomatie en 1816 et devient secrétaire d’ambassade, puis ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire en Prusse de 1832 à 1843. Pressenti pour le ministère des affaires étrangères en 1836, il refuse cette charge. Ambassadeur en Espagne le 6 novembre 1843, il mène à bonne fin à Madrid de délicates négociations à propos de mariages princiers.

Nommé ambassadeur à Naples, le 5 août 1847, il venait à peine de prendre possession de son poste qu’au retour d’une soirée au théâtre San Carlo, frappé d’une crise de démence, il se tranchait la gorge d’un coup de rasoir.


Bibl. : Bouvier, p. 366.


[Pierre Heili].

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