1851 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1851 / Charles Charton
RAOUL, fils.- Le général Raoul était né à Neufchâteau en 1788.
Il était le second fils du général Raoul, né lui-même dans les Vosges, et qui a longtemps commandé le département.
Il puisa de bonne heure dans sa famille le goût des armes, et dès l’âge de 14 ans, en 1802, il s’engagea comme soldat au 5e régiment d’artillerie. Là, menant de front son service militaire et des études sérieuses, il se prépara pour l’école polytechnique, où il entra en 1804.
Sorti en 1809 de l’école d’application de Metz, avec le grade de lieutenant d’artillerie, il alla rejoindre la grande armée, fit avec elle la campagne de Wagram, et entra en 1813, dans l’artillerie de la garde impériale.
Dans ce poste, il eut occasion de voir de plus près Napoléon, et lui voua dès lors une fidélité qui ne se démentit jamais. A l’exemple du vertueux général Drouot, il voulut suivre l’Empereur dans son exil, et l’accompagna à l’île d’Elbe en 1814.
Rentré en France avec l’Empereur, en 1815, il le suivit à Waterloo, il fut grièvement blessé, et, laissé pour mort sur le champ de bataille où venaient de se consommer les destins de l’empire, il fut recueilli par l’ennemi et fait prisonnier.
Autorisé à rentrer en France, il vint dans sa famille faire soigner ses blessures, et ne se croyant pas délié, par le retour des Bourbons, du serment de fidélité qu’il avait prêté à l’Empereur, il ne voulut pas reprendre du service sous un gouvernement imposé par l’étranger, et quitta volontairement la France en 1816, pour aller retrouver à Rome Louis-Bonaparte, ancien roi de Hollande, qui lui confia l’éducation de son fils aîné, mort en 1830 dans les États romains, et frère de Louis-Napoléon, aujourd’hui Président de la République française.
En 1819, il quitta Rome et alla combattre pour la liberté dans l’Amérique du Sud, qui secouait le joug de l’Espagne et se déclarait indépendante. Il mit son épée au service de la République de Guatemala, et, nommé d’abord inspecteur général de l’artillerie et du génie de cette République, il devint bientôt général en chef de l’armée. Il ne cessa pas, en cette qualité, de s’opposer à toutes les tentatives qui furent faites pour rétablir l’autorité espagnole, et se déclara toujours pour l’indépendance du pays. Les journaux du temps ont parlé des services signalés qu’il rendit à sa patrie adoptive, services qui amenèrent, momentanément au moins, la pacification de ces contrées, trop souvent déchirées par la guerre civile, et lui valurent une récompense nationale d’une valeur considérable.
Mais ces avantages matériels et l’enivrement de la gloire qu’il avait su acquérir, ne pouvaient faire taire la voix de la patrie. En 1832, les journaux lui ayant appris l’entrée des Français en Belgique, il crut à une guerre générale, à une nouvelle ligue de l’Europe contre la France, et, quittant une magnifique position (25 000 francs de traitement), il vint offrir à son pays ce qui lui restait de vigueur et d’énergie.
Réintégré dans les cadres de l’artillerie, avec le grade de lieutenant colonel qu’il avait à Waterloo, il devint successivement colonel du 13e régiment d’artillerie en 1833, et général de brigade en 1845. Il commandait à Vincennes lorsque la mort vint subitement l’enlever, le 20 mars 1850, à sa famille et à son pays.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
RAOUL (Nicolas Louis).- Né à Rouceux le 24 mars 1788, ou le 26 mars, il est l’un des fils du général
Raoul (Charles François).
Il s’engagea, en 1802, au 5e régiment d’artillerie, entra à l’École polytechnique en 1804, fut lieutenant d’artillerie de la Grande-Armée à Wagram et fit dans l’artillerie de la garde les dernières campagnes de l’empire, où il gagna le grade de capitaine et celui de lieutenant-colonel. Il suivit Napoléon à l’île d’Elbe en 1814, et, combattit à Waterloo.
Sous la Restauration, il vécut en Italie, au Guatemala, où il fut général en chef, et rentra en France après la Révolution de 1830. Lieutenant-colonel du 13e d’artillerie le 24 décembre 1830, puis colonel d’artillerie le 31 décembre 1835, il commande le 10 juillet 1838 le 6e régiment. Maréchal de camp le 19 juillet 1845, il commanda d’abord l’École de Besançon, puis l’artillerie de la 1ère division militaire, à Paris. Il devint commandeur de la Légion d’honneur en 1848.
Le 20 mars 1850 il mourait à Vincennes, quelques jours avant de passer au cadre de réserve par limite d’âge. Il avait été en mai 1849 candidat dans les Vosges, sur la liste napoléonienne, aux élections pour l’Assemblée Législative, mais ne fut pas élu.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
RAOUL (Nicolas Louis), général
Rouceux, 24 mars 1788 – Vincennes, 20 mars 1850
Fils du général Charles François Raoul [voir ce nom], il s’engage à l’âge de 16 ans au 5ème régiment d’artillerie, entre à l’école polytechnique en 1884 et participe aux campagnes dans les armées impériales ; il est lieutenant à Wagram en 1809. En 1814, il a le grade de lieutenant-colonel lorsqu’il accompagne Napoléon 1er à l’Ile d’Elbe. Il combat à Waterloo, puis il s’exile en Italie, puis au Guatemala où il est nommé général en chef.
De retour en France après la Révolution de 1830, il est réintégré comme lieutenant-colonel au 13ème régiment d’artillerie le 24 décembre 1830, colonel en 1835, placé à la tête du 6ème R.A. le 10 juillet 1838. Nommé maréchal de camp le 19 juillet 1845, il commande l’école d’application de Besançon, puis l’artillerie de la 1ère division militaire de Paris.
En mai 1849, il est candidat aux élections législatives sur la liste bonapartiste mais n’est pas élu.
Il meurt à la veille même de passer dans le cadre de réserve.
Il était commandeur de la Légion d’honneur depuis 1848.
Son frère, Pierre François Raoul, né à Rouceux le 8 février 1787, suit aussi la carrière des armes, mais dans la cavalerie, durant la Restauration puis, à partir de 1841 dans la gendarmerie comme colonel de la 23ème Légion à Metz.
Retraité en 1847, il était commandeur de la Légion d’honneur.
Bibl. : Bouvier.– Biographie générale vosgienne, p. 496-497.
[
Albert Ronsin
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