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Marcel Émile Auguste BOUCHER

[ Compiègne (60) , 23/10/1891 Montevideo (Uruguay) , 19/11/1968 (77 ans) ]

avocat , maire , député

Maire de Contrexéville (1925-1944). Député des Vosges (1936-1942).

Biographie vosgienne

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ecriVOSGES, « Marcel Émile Auguste BOUCHER », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4080 (consultée le 8 septembre 2026).

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Bibliographie et sources

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Notices documentaires

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BOUCHER (Marcel), avocat, député des Vosges
(Compiègne, Oise, 23 octobre 1891 - ? )

Marcel Boucher est le fils du docteur Henry Boucher, biologiste renommé, chef de l’école antimicrobienne, auteur de livres scientifiques, conseiller municipal de Contrexéville.

Orphelin de mère à l’âge de cinq ans, à la suite d’un naufrage où il faillit lui-même perdre la vie, Marcel Boucher choisit d’étudier le droit. A la sortie de la faculté, il fait un diplôme à l’École des sciences politiques et un à l’École des Hautes études sociales, puis s’inscrit au barreau de Paris.

Il accomplit son service militaire à Neufchâteau en 1913, au 60ème régiment d’artillerie, et il part en guerre le 29 juillet 1914. Sous-officier d’artillerie, il est volontaire pour servir dans l’infanterie et il est affecté comme sous-lieutenant au 2ème B.C.P. Blessé deux fois, il est fait chevalier de la Légion d’honneur sur le champ de bataille. Affecté à l’aviation en 1918, il passe le brevet de pilote et, nommé capitaine, commande une escadrille en Lituanie. Il rentre en France à l’issue de la guerre de Pologne avec quatre blessures, la croix de guerre avec deux palmes, et celle d’officier de la Légion d’honneur.

En janvier 1920, il entre au cabinet de Charles Reibel, sous-secrétaire d’État puis ministre des régions libérées. Il abandonne le barreau en 1924, s’installe à Contrexéville et s’efforce de faire revivre la station thermale. Il est élu conseiller municipal, puis maire en 1925. En quelques années, il fait de Contrexéville une ville d’eau moderne. Il préside le Groupement des stations thermales de l’Est.

Avec un programme pacifiste, il est élu député des Vosges le 3 mai 1936 au siège du sortant Camille Picard. Il s’inscrit au groupe des indépendants d’union républicaine et nationale. Il est l’auteur de divers projets de loi sur le suffrage familial, le caractère facultatif des vaccinations, la réalisation d’un tunnel sous-marin entre la France et l’Angleterre (1936).

Il crée avec M. Real del Sarte l’association des Compagnons de Jeanne d’ Arc et il est l’un des organisateurs des cérémonies de Domrémy en 1937, 1938, 1939 ; il espère voir sous le nom de Jeanne d’Arc se fonder une union des Français et une union des peuples.

Le 10 juillet 1940, il vote le projet de loi donnant les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, puis se retire de la politique, mais conserve la mairie de Contrexéville, par adjoint interposé, jusqu’au 11 septembre 1944, date à laquelle le général Leclerc le démet de ses fonctions par ordre du gouvernement.

Il quitte la France pour l’Allemagne puis gagne l’Amérique du Sud. Il s’installe ensuite à Buenos-Aires. La date et le lieu de son décès sont inconnus à son lieu de naissance. Il avait épousé à Paris (VIIIe) le 8 août 1927 Jeanne Victoria Elisabeth Louise Barbier.

Bibl. : Jolly.- Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, p. 688-689.

[ Albert RONSIN , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

BOUCHER Marcel (Émile Auguste)
(23 octobre 1891, Compiègne - 19 novembre 1968, Montevideo, Uruguay)

• Second adjoint au maire de Contrexéville de 1924 à 1925.
• Maire de Contrexéville de 1925 à 1944.
• Député des Vosges de 1936 à 1942.
• Avocat.
• Marié, trois enfants.

Issu d’une famille lorraine, tant du côté paternel que côté maternel, implantée dans la Plaine des Vosges, Marcel Boucher est le fils du docteur Henry Boucher. Ce biologiste réputé, auteur de nombreux ouvrages scientifiques et qui, chef de l’École antimicrobienne, est président de la Société protectrice des animaux, de la Ligue universelle contre la vaccination et de l’Union internationale contre la vivisection. Durant douze années consécutives, Henry Boucher est conseiller municipal de Contrexéville.

Âgé de cinq ans, Marcel est miraculeusement sauvé d’un naufrage en mer, abondamment relaté dans les journaux de l’époque, et au cours duquel il perd sa mère et ses deux sœurs. Néanmoins, il fait de brillantes études. Son droit terminé, diplômé de l’École des sciences politiques et de l’École des Hautes études sociales, il s’inscrit comme avocat au barreau de Paris.

En 1913, il effectue son service militaire au 60e régiment d’artillerie à Neufchâteau et il est brigadier lorsqu’éclate la guerre de 1914. Il quitte le 29 juillet le quartier Rébéval pour la frontière, et après quelques mois de campagne est nommé maréchal des logis. Après la première année de guerre, l’infanterie a des pertes importantes. Elle doit reformer ses cadres et demande des volontaires à l’artillerie. Marcel Boucher sollicite son admission dans cette arme et est muté au 2e bataillon de chasseurs à pied, en qualité de sous-lieutenant. Il a alors 24 ans. Blessé deux fois, il est fait chevalier de la Légion d’honneur sur le champ de bataille.

Affecté à l’aviation qui réclame des pilotes en 1918, il passe son brevet dans les plus brefs délais et part sur le front de la Pologne. Capitaine, il commande une escadrille dans le secteur opérationnel de Vilna, en Lituanie. La guerre de Pologne terminée, il rentre en France avec quatre blessures, la croix d’officier de la Légion d’honneur et la croix de guerre avec deux palmes.

En janvier 1920, il entre au cabinet de Charles Reibel, alors sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil, puis ministre des régions libérées. Marcel Boucher l’accompagne dans ses tournées dans les lieux dévastés. En 1924, il démissionne du barreau de Paris, qu’il a d’ailleurs, beaucoup délaissé ces dernières années et s’installe dans la station thermale de Contrexéville (berceau de sa famille maternelle), qui se trouve en état d’abandon.

Bientôt élu conseiller municipal de Contrexéville avec la liste entière formée par ses soins, la mairie lui est confiée le 14 mai 1925. Il la conserve pendant vingt ans. Sous son impulsion, Contrexéville devient une ville d’eau moderne. D’innombrables travaux sont exécutés : démolition de bâtiments vétustes, adduction d’eau, construction d’un réseau d’égouts puis électrique, d’hôtels, d’une gare, d’un lac, créations d’écoles...

Au début de son mandat, Marcel Boucher épouse en l’église Chaillot à Paris (8e) le 8 août 1927, Jeanne Barbier, fille d’un important hôtelier niçois. L’élu contrexévillois se présente aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936. Il est candidat sur un programme axé sur la révision de la constitution, sur la nécessité de renforcer le pouvoir législatif et d’inaugurer de profondes réformes agricoles. Dans sa profession de foi il déclare : Le peuple est souverain et non les Chambres. Il se prononce également contre la nouvelle guerre. Il bat au second tour de scrutin le député sortant Camille Picard, soutenu par le Front populaire, par 7040 voix contre 6568. Inscrit au groupe des Indépendants d’union républicaine et nationale, il est membre des commissions du travail et de l’Algérie, des colonies et pays de protectorat, et dépose également plusieurs propositions de loi, tendant notamment à instituer le suffrage familial.

L’union des Français et l’entente des grandes nations d’Europe lui étant apparue, dès 1936, comme l’unique moyen d’éviter... ce que porte l’avenir, il profite de l’immense privilège qui lui est donné de compter le prodigieux village de Domremy dans sa circonscription pour fonder avec Maxime Réal de Sarte, l’association des Compagnons de Jeanne d’Arc dont le comité d’honneur comprend les plus hautes personnalités militaires et religieuses de l’époque. Sous la bannière de Jeanne, tous les esprits et tous les peuples peuvent aisément s’unir. Le vertigineux succès des cérémonies qu’il organise à Domremy de 1937 à 1939, marque l’essor d’un mouvement rempli d’espérance. La voie pour Marcel Boucher est tracée. La Seconde Guerre mondiale vient l’arrêter.

Après l’Armistice, à Vichy, Marcel Boucher signe la déclaration rédigée par Gaston Bergery à propos de l’Assemblée nationale. Ce document dénonce la troisième République, réclame un ordre nouveau, autoritaire, national et social, demande le retour du gouvernement à Paris et appelle à la réconciliation avec l’Allemagne. Dans ce texte apparaît pour la première fois le terme de collaboration. Maintenu dans ses fonctions de maire de Contrexéville par le nouveau régime, Marcel Boucher confirme ses choix. Président du groupe collaboration des Vosges, il suit les armées ennemies dans leur retraite et parvient à quitter l’Allemagne pour gagner Buenos-Aires. Par décision du 31 décembre 1945, le jury d’honneur confirme l’inéligibilité qui le frappait, en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de loi portant révision constitutionnelle.

Marcel Boucher s’installe en Argentine avec son épouse et ses trois enfants, François, Jean et Hélène. L’ancien élu vosgien décède d’une crise cardiaque à Montevideo, capitale de l’Uruguay, le 19 novembre 1968 en sortant de chez son dentiste.

[ Bertrand MUNIER , Les Vosgiens célèbres ]

 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Marcel Émile Auguste BOUCHER », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4080 (consultée le 8 septembre 2026).

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