Jean DEBRY

[ Lyon (69) , 21/04/ 1891 – Épinal (88) , 04/06/ 1975 ]

industriel

Chevalier de la Légion d’Honneur.

Biographie vosgienne

1990 — Dictionaire des Vosgiens célèbres

DEBRY (Jean), industriel
(Lyon, 21 avril 1891 - Épinal, 4 juin 1975)

Jean Debry est le fils d’Albert Debry et de Jeanne Claudine Armanet. A l’issue de ses études au collège Ozanam, puis au lycée Ampère de Lyon où il est reçu bachelier à dix-huit ans, il se rend à Paris afin de préparer au lycée Saint-Louis le concours d’entrée à l’École Polytechnique. Admis dans cet établissement en 1909, il en sort 36ème de sa promotion, et il opte pour le génie maritime. Il suit les cours de l’École d’application jusqu’au 1er octobre 1913, date à laquelle il est nommé ingénieur de 2ème classe à l’arsenal de Toulon.

Dès le début de la Grande guerre, il est sur sa demande dirigé vers les armées. Il devient l’adjoint du commandant du groupe d’artillerie divisionnaire de la 97ème division d’infanterie le 1er novembre 1914 et il participe avec celui-ci à de nombreux combats jusqu’à la fin de 1915. Il est ensuite affecté à la 18ème section d’auto-canons de 75 contre avions de la IIème Armée. Il effectue des missions dans le secteur exposé de la tranchée de Calonne à Verdun. Le 8 mai 1916, le général Darde, commandant l’artillerie de la IIème Armée, cite sa section à l’ordre de l’artillerie lourde. Il est décoré personnellement de la croix de guerre.

A la fin du printemps de 1916, il quitte les armées sur la demande de la Marine. Promu ingénieur de 1ère classe le 1er octobre 1916 à Toulon, il est affecté à New-York. Sous le commandement de l’ingénieur en chef Davaux, il reçoit mission de surveiller l’exécution des importantes commandes de matériel de guerre passées par l’Armée française aux États-Unis dans le cadre de la mission Tardieu.

Il revient à l’arsenal de Toulon en juillet 1919. Affecté à la section des réparations, il est bientôt nommé ingénieur principal.

Au cours de son séjour aux États-Unis, Jean Debry a été remarqué par Charles Cavalier, l’un des dirigeants de la Société des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Pont à Mousson, qui faisait partie de la même mission que lui. Revenu en France, il lui fait connaître Yvonne Vautrin, fille d’Alexis Vautrin, professeur de médecine à Nancy et fondateur du Centre anticancer de Lorraine, et d’Anne Perrin, qui appartient à une grande famille d’industriels textiles des Vosges. Jean Debry l’épouse en 1923.

Peu de temps après, son beau-père lui demande de devenir gérant des Établissements Paul Perrin et Cie de Nomexy, en remplacement de son gendre Édouard Michaut, tué a Verdun en 1916. Après avoir hésité, Jean Debry démissionne et il consacre désormais toute sa carrière à cette entreprise. Il l’administre jusqu’en 1965.

Pendant ce temps, il est nommé vice-président du Syndicat cotonnier de l’Est en 1936. Il joue un rôle important dans la préparation et la réalisation des négociations qui aboutissent à la signature des conventions collectives du textile. Il assure la présidence de cet organisme durant le Second conflit mondial. Il redevient ensuite vice-président jusqu’en 1966.

Nommé délégué du Comité de répartition du coton et des produits textiles pour la région Est après 1940, il assume cette tâche dans des conditions difficiles. Il lutte pied à pied contre les autorités d’occupation, afin de maintenir une certaine activité dans les usines vosgiennes. Il évite ainsi l’arrêt des ateliers qui déclenche généralement le départ du personnel masculin pour l’Allemagne. Il s’efforce également de réduire les reconversions d’unités de production textile en ateliers de mécanique ou en entrepôts de matériel. Au cours des mois qui précèdent la Libération, il entreprend une lutte courageuse pour limiter et retarder les prélèvements de tissus, ainsi que les déménagements de machines par les Allemands.

Quand la paix revient, il est appelé à la présidence de l’Association pour la reconstruction de l’industrie textile sinistrée de la région Est. Entré en 1936 à la Chambre de commerce d’Épinal, Jean Debry en devient vice-président en février 1946 et président au début de 1960. Durant son mandat, il participe à de nombreuses réalisations. Il est notamment le promoteur de la zone industrielle de Golbey et de la gare routière d’Épinal. Il fonde l’École d’assistance technique au commerce. Les immeubles H.L.M. de Liffol-le-Grand et de Saint-Amé, dits du Foyer vosgien sont construits sur son initiative.

Dans un autre domaine, il est aussi à l’origine de la section vosgienne de l’Union sociale des ingénieurs catholiques et l’un des administrateurs du Centre anticancéreux de Lorraine. Il est encore membre du Conseil d’administration du groupe textile Les Héritiers de Georges Perrin, de Cornimont et des établissements Hartmann et Cie de Munster.

Jacques Debry, son fils aîné et successeur, est aussi un archéologue de grande valeur qui a ressuscité le château et la cité médiévale de Châtel-sur-Moselle.

Gérard Debry son autre fils, professeur à la Faculté de médecine de Nancy et membre de l’Organisation mondiale de la Santé, est un des grands spécialistes français du diabète.


Bibl. : Poull (G.).- L’Industrie textile vosgienne (1765-1987), p. 201 à 208 et 388 à 390.


[Georges Poull].

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