2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
MATHIS Lucien (Adrien)
(19 octobre 1890, Provenchères-sur-Fave - 6 juillet 1969, Provenchères-sur-Fave)
• Conseiller municipal de Provenchères-sur-Fave de 1929 à 1935
• Maire de Provenchères-sur-Fave de 1935 à 1969
• Conseiller général du canton de Provenchères-sur-Fave de 1935 à 1942 et de 1944 à 1969
• Conseiller départemental des Vosges de 1942 à 1944
• Boulanger
• Marié, cinq enfants
Dans la nuit du samedi au dimanche 6 juillet 1969, une pénible nouvelle parvient à la population de Provenchères-sur-Fave. Lucien Mathis, maire et conseiller général, vient de décéder. Souffrant depuis quelques mois, il subit une intervention à l'hôpital de Strasbourg qui s'avère réussie. L'espoir est de courte durée : malgré tous les soins, il succombe. C'est une grande figure du paysage politique et patriotique vosgien qui disparaît. Né en 1890 dans le village que chérissent ses parents, Lucien Mathis et Marie Colin, il embrasse la profession de boulanger-pâtissier. Après ses camarades de la classe 1910, il est appelé sous les drapeaux et incorporé au 10e B.CP. (bataillon de chasseurs à pieds). Aux premières heures de la Grande Guerre, Lucien Mathis est mobilisé, mais bien vite, il demande à rejoindre les bataillons de chasseurs. Intoxiqué par les gaz de combat à Beaulieu-Fontaine (Oise), il est évacué sur l'hôpital principal de la marine de Brest. Rétabli, il est affecté au premier groupe d'aviation à Dijon comme élève-pilote, avant d'être démobilisé en 1919.
Le 25 novembre 1938, Lucien Mathis est à nouveau mobilisé, mais les séquelles de ses blessures reçues durant la Première Guerre mondiale le font renvoyer dans ses foyers, puis dégager de toute obligation militaire. Ce qui n'empêche pas Lucien Mathis de servir dans les FFI durant les heures sombres de l'Occupation. Ces actes de bravoure lui valent de nombreuses distinctions : médaille militaire, croix de guerre, médaille du roi Albert 1er de Belgique, croix du combattant volontaire de la Résistance, médaille du Passeur.… Ses concitoyens l'élisent conseiller municipal de Provenchères-sur-Fave en mai 1929, puis maire en 1935. Une charge qu'il ne quitte plus. Conseiller d'arrondissement de 1933 à 1935, il renonce à ce poste pour passer tout naturellement conseiller général en 1935. Sollicité par de nombreux amis, je viens poser ma candidature au conseil général, en remplacement du regretté Hubert de Bazelaire de Lesseux, décédé. Point n'est besoin de venir me présenter, vous me connaissez tous. Vous savez que dans mes fonctions au conseil général, je n'aurai qu'un désir : soutenir les intérêts de notre beau canton et ceux de ses habitants. Tous aux urnes, et surtout pas d'abstentions. Depuis cette date, il se trouve réélu au conseil général des Vosges, dont il est le doyen, après avoir en été le benjamin.
Afin de récompenser ses nombreux états de service, l'élu provenchèrois reçoit la plus belle des gratifications... la Légion d'honneur, des mains du ministre vosgien Maurice Lemaire. Enlevé à l'affection des siens à l'âge de soixante-dix-huit ans, Lucien Mathis repose au cimetière de Provenchères-sur-Fave, sur cette terre qu'il a âprement défendue. Marié à Germaine Mandray, il était père de cinq enfants : Marie-Thérèse, Geneviève, Jean-Marie, Anne-Marie et Michel.
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Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]