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André MONNIER

[ Bussang (88) , 25/02/1891 – Nice (06) , 14/10/1985 (94 ans) ]

homme de lettres

/ pseudonyme s : André MONNIER-ZWINGELSTEIN, André ZWINGELSTEIN

Auteur vosgien Sur la BnF ↗ Sur Wikidata ↗

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ecriVOSGES, « André MONNIER », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=58 (consultée le 22 octobre 2026).

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Bibliographie et sources

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Notices documentaires

1948 — L'Eclair de l'Est

CLAIR-MOUTIER
par André MONNIER-ZWINGELSTEIN
Prix Erckmann-Chatrian 1948

André Monnier-Zwingelstein — restauration numérique d’après un portrait publié dans L’Éclair de l’Est, 28-29 novembre 1948,
Clair-Moutier est le nouveau roman de M. André Monnier-Zwingelstein vient d’obtenir le prix Erckmann-Chatrian 1948. C’est là une récompense amplement méritée, à la fois par la valeur littéraire de cet ouvrage que par la personnalité de l’auteur.

Lorrain de naissance et Alsacien par ses ancêtres, André Monnier-Zwingelstein connaît admirablement ces marches de l’Est où bat le cœur d’un peuple rude et fier, jaloux de ses libertés.

Né à Bussang de parents alsaciens qui avaient été expulsés d’Alsace pour leur attitude anti-allemande, l’auteur de Clair-Moutier fut, pendant la grande guerre, mobilisé dans l’infanterie. Il en est revenu avec les galons de capitaine et la Légion d’honneur pour faits de guerre. En 1933, il obtenait le prix de l’Alsace Littéraire pour son livre À l’ombre de ma vigne. Pendant l’entre deux-guerres, il dirigea le Nouvelliste d’Alsace à Colmar. Clair-Moutier est son dernier livre paru. Le jury Erckmann-Chatrian l’a couronné à Metz le 11 novembre dernier. Ce prix sera officiellement remis à Bar-le-Duc au printemps prochain.

Clair-Moutier est un roman d’amour.

Mais un roman aussi éloigné d’une fade mièvrerie, que d’un outrancier naturalisme. Il se contente d’être vrai, et d’étudier avec loyauté — sur le double plan social et chrétien — le drame de conscience d’un homme et de deux femmes : trois êtres jeunes, sensibles, vibrants, dont les dures réalités de la vie ont barré la route vers l’éternel idéal…

Autour de Pierre Villemard, de Bérangère et de Louise Nurdin, gravitent des personnages secondaires d’un pittoresque intense. Le bon abbé Morel ; Cousine Thalie, l’Anabaptiste ; Slodomir Petitgenai (dit Le Colonel), rebouteux et braconnier de son état ; Bontemps, le solitaire marcaire des Hauts ; Elysée Mulo, le vieux garçon de labours, aux colères soulignées par un verbe truculent : autant de Vosgiens authentiques que l’on croit descendus tout exprès de leur montagne, pour nous apporter des témoignages d’une étincelante vérité.

Clair-Moutier est un beau et grand roman.

[ L'Eclair de l'Est , dimanche et lundi 28-29 novembre 1948, page 2 ]

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

MONNIER-ZWINGELSTEIN (André), homme de lettres
Bussang, 25 février 1898 – Nice, 14 octobre 1985

Couverture illustrée pour La Foresterie de André Monnier-Zwingelstein, édition de 1943.
© Les Vosgiens célèbres, 1990
André Monnier est le fils d’Emile Monnier, directeur de tissage à Colmar, et Marie Zwingelstein. Après avoir obtenu son baccalauréat de philosophie, il devient élève de l’Ecole supérieure de Filature et de Tissage d’Epinal en 1913 et 1914. Il en sort ingénieur et obtient un emploi de directeur du tissage Blum, situé aux Gouttes à Senones. Il devient ensuite directeur du tissage de Lette à Rupt-sur-Moselle qui appartient à la famille Pinot, puis directeur-général des établissements Deguerre à Maxonchamp, dans la même commune.

Vers 1925, il décide de devenir écrivain. Le premier roman qu’il publie s’intitule La Foresterie et intéresse l’industrie du textile. Il se consacre ensuite au journalisme en Alsace. Dans la cadre de ses fonctions de rédacteur en chef du Nouvelliste d’Alsace, il parcourt l’Europe en observant les problèmes du moment. Il publie notamment avant la Seconde guerre mondiale La Hongrie dans les destinées de l’Europe et Alsace et Lorraine, terres de France. Le premier de ces ouvrages est frappé d’interdiction. Le second est saisi par la Gestapo en 1940.

André Monnier se réfugie en zone libre après l’invasion allemande. A l’abri des représailles, il diffuse des brochures et des ouvrages qui lui permettent de prendre la défense de l’Alsace-Lorraine annexée avec l’accord du gouvernement de Vichy ; il s’agit notamment de Notre Rhin et La Prusse éternelle. A l’issue de la Seconde guerre mondiale, il recommence à écrire des romans qui sont souvent publiés dans les journaux, tels le Journal de Genève, la Gazette de Lausanne, le Canada et La Nation belge.

Il obtient en 1948 le prix Erckmann-Chatrian pour son livre Clair-Moutier. Il reçoit également le prix de l’Alsace littéraire pour A l’ombre de ma vigne, le prix de la Société d’encouragement au bien pour Mon beau village et diverses autres récompenses. Le prix du roman gai lui est décerné en juillet 1957.

A cette époque, il vient d’aborder le roman policier. De 1955 à 1965, il publie quarante ouvrages de ce genre. Marcel Allain préface celui qu’il intitule Coup d’Epervier. Il est dès lors surnommé le Simenon de Côte d’Azur parce qu’il réside désormais à Nice. Un jury parisien lui décerne pour cet ouvrage le Grand prix du roman policier 1965. Parmi les lauriers qui lui sont attribués, il y a notamment le prix Maurice Betz 1978.

Doué d’une vitalité et d’une fécondité littéraire et intellectuelle exceptionnelles, il travaille du matin au soir jusqu’à la fin de son existence. Il a épousé en 1934 Jeanne Bourlier-Vouilminot, petite-fille d’Albert Vouilminot, garde national qui s’était opposé avec une poignée d’hommes à l’entrée des Prussiens dans Colmar en 1870.

Bibl. : Correspondance de l’auteur de cet article avec André Monnier.
Amet (J.).– Interview pour un portrait : André Monnier, in La Liberté de l’Est, 19 au 23 décembre 1977.
Amet (J.).– André Monnier-Zwingelstein, in La Liberté de l’Est du 4 novembre 1985.

[ Georges POULL ]

2012 — Vosges Matin

Le Simenon de la Côte d’Azur

Retour dans le passé, à la rencontre d’un écrivain attachant qui parcourut les Lettres entre brûlots anti-nazis, romans de terroir et polars…

Nous aimons dans cette chronique rappeler le souvenir d’auteurs vosgiens comme Paul Mahalin (Epinal, 1828–Paris, 1899), Richard Auvray (Epinal, 1859–Blois, 1898), Jacques Dieterlen (Cannes, 1893–Gérardmer, 1959), Bernard Champigneulle (Neufchâteau, 1896–Versailles, 1984), Pierre Humbourg (Senones, 1901–Peyrat-le-Château, 1969), François Grégoire (Remiremont, 1914–Saint-Nabord, 1973), ou encore Sunsiaré de Larcône (Rambervillers, 1935–Garches, 1962)…

Un premier ouvrage interdit, le deuxième saisi

Voici aujourd’hui André Monnier. Né à Bussang le 25 février 1898, il est le fils d’Emile Monnier, directeur de tissage à Colmar, et de Marie Zwingelstein (il utilisa ce nom maternel pour signer quelques ouvrages).

Son baccalauréat de philosophie en poche, il entre à l’Ecole supérieure de Filature et de Tissage d’Epinal, en sort ingénieur et devient successivement directeur du tissage de Senones, directeur du tissage de Lette à Rupt-sur-Moselle, puis directeur général des Etablissements Deguerre à Maxonchamp.

En 1924, il a 26 ans, il publie son premier texte et décide de vivre de sa plume. Parcourant l’Europe comme rédacteur en chef du Nouvelliste d’Alsace, il publie La Hongrie dans les destins de l’Europe et Alsace et Lorraine, terres de France. Le premier de ces ouvrages est frappé d’interdiction ; le second est saisi par la Gestapo en 1940.

Le prix Erckmann-Chatrian

Il se réfugie en zone libre après l’invasion allemande et diffuse des brochures et des ouvrages qui lui permettent de prendre la défense de l’Alsace-Lorraine annexée avec l’accord du gouvernement de Vichy.

Après 1945, il recommence à écrire des romans, souvent publiés dans les journaux tels le Journal de Genève, la Gazette de Lausanne, le Canada et La Nation belge. En 1948, le prix Erckmann-Chatrian (le Goncourt lorrain) lui est attribué pour Clair-Moutier.

A partir de 1955, il publie une quarantaine de romans policiers et d’espionnage. Il est surnommé le Simenon de la Côte d’Azur, parce qu’il réside désormais à Nice. On ne trouve plus ses ouvrages que chez les bouquinistes : Dossier Hatherton, Masques chinois, Mission Calcutta, La Mafia verte, L’œil de Prague… Au début des années 1970, on trouve sa signature au bas de chroniques dominicales publiées dans La Liberté de l’Est. Il meurt à l’âge de 87 ans à Nice le 14 octobre 1985.

[ Bernard VISSE ]

 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « André MONNIER », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=58 (consultée le 22 octobre 2026).

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