L'Heure d'hiver

 
 
  • Pierre Pelot
  • 1985 | 108ème roman publié
  • Noir
 

Date et lieu

En 1984, dans la haute vallée de la Moselle.

Sujet

L'homme avançait d'un pas étrange, légèrement déhanché, comme si ses chaussures trop étroites lui meurtrissaient les pieds. Comme s'il venait de parcourir des dizaines et des dizaines de kilomètres. Ce qui d'ailleurs était peut-être le cas ? Il faisait nuit, pas vraiment froid, mais pourtant l'homme frissonnait. Il portait fréquemment la main à son front, qu'il essuyait du bout des doigts, ou de la paume.

Il transpirait. Il marchait sur le bord du chemin goudronné. A cette heure-là, tout le monde dormait. Sauf lui. Il était seul. Son ombre portée par la lumière des lampes de rue s'immobilisa en même temps que lui. Il plongea la main dans la poche de son pantalon et trouva les deux cartouches sous ses doigts. (4ème de couverture, 1985).

 

Éditions

Photo de François Dillschneider.

  • 1ère édition, 1985
  • Paris : Fleuve Noir, juillet 1985 [impr. : 10/05/1985].
  • 18 cm, 183 p.
  • Illustration : François Dillschneider / Vloo (couverture).
  • (Spécial police ; 1956).
  • ISBN : 2-265-03038-4.
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    Première page

    L'homme avançait d'un pas fatigué, légèrement déhanché. Comme si des chaussures trop étroites lui meurtrissaient les pieds. Comme s'il venait de parcourir des dizaines et dizaines de kilomètres, ce qui d'ailleurs était peut-être le cas.

    Il n'était pas très grand, mais large. Bizarrement disproportionné, taillé de travers dans sa veste trop grande. Il semblait cacher quelque chose, un objet, sous cette veste, dans son dos.

    Il faisait nuit, pas vraiment froid, mais l'homme frissonnait ; pourtant, il portait fréquemment la main à son front, qu'il essuyait du bout des doigts, ou de la paume. Il transpirait.

    Il marchait sur le bord du chemin goudronné. A cette heure-là, tout le monde dormait. Il était seul.

    Entra dans la lumière des lampes de rue des H.L.M. Son ombre s'étira d'un seul coup derrière lui. Elle tourna au fur et à mesure qu'il avançait, l'accompagna un instant sur sa droite, comme un chien qui marche à hauteur de vos pas, puis elle dépassa et recommença de grandir, mais devant lui, à présent.

    Elle s'immobilisa en même temps que lui.

    Il essuya encore sa sueur.

    Il plongea la main dans la poche de son pantalon et trouva les deux cartouches sous ses doigts.

    Il poussa un très léger grognement entre ses dents serrées.

     

    Revue de presse

    L'Année du polar 1986

    Paris : Ramsay, novembre 1985. Michel LEBRUN, page 185

    Heureusement que le vieux Sylvain a un chat pour lui tenir compagnie. Il vit seul, isolé du hameau, dans une maison que les enfants grandis ont abandonnée depuis longtemps. Privé d'eau courante par des promoteurs ayant détourné sa source, il va en tirer chez des voisins, serein, habitué, philosophe. Vieux. Et un jour, un inconnu tue son unique compagnon. Alors Sylvain entreprend un voyage pour renouer avec un lointain passé.

    A nouveau, un roman dans lequel rien ne se passe, mais cette fois entièrement réussi en raison de la "présence" du personnage, ce vieillard qui, aux approches de la mort - qu'il sent venir avec un instinct animal - décide de lutter contre l'engourdissement fatal. Histoire déchirante, vraie et pourtant optimiste. Qui nous concerne tous. Pas un polar, bien sûr, mais un remarquable roman d'analyse.

    Sagesse des nations : "Des centenaires mourants appellent encore maman à leur secours ; jamais on ne s'échappe tout à fait".

    Note : Trois as.

     

    Page créée le mardi 11 novembre 2003.